Ils dirent donc : si l’on met ensemble tout ce qu’Allah – exalté soit-Il – a révélé : qu’Il a créé Adam à partir de la terre, qu’Il l’a institué lieutenant (khalîfa) sur la terre ; qu’Iblis lui a soufflé des suggestions à l’endroit même où le Très-Haut l’avait installé après avoir fait descendre Iblis du ciel ; qu’Il a annoncé à Ses anges qu’Il allait établir sur la terre un lieutenant ; que la Demeure de l’éternité ne connaît ni propos futiles ni péché, que quiconque y entre n’en sortira jamais, qu’il y jouit d’une félicité sans jamais connaître la détresse (1), qu’il n’éprouve ni crainte ni chagrin ; qu’Allah – qu’Il soit glorifié – l’a interdite aux mécréants, et que l’ennemi d’Allah, Iblis, est le plus infidèle des infidèles, si bien qu’il lui est absolument impossible d’y pénétrer, que ce soit en simple passage ou pour s’y établir ; que cette demeure est un séjour de béatitude, non un lieu d’épreuve et de test – et tout ce que nous avons rappelé encore de l’incompatibilité entre les attributs du Paradis de l’éternité et le jardin où Adam fut logé –,
lorsque l’on réunit tous ces éléments et qu’on les examine avec équité, sans parti pris pour soutenir telle ou telle thèse, la voie juste devient évidente ; et c’est auprès d’Allah que l’on cherche secours.
D’autres (2) objectent : « Bien au contraire, le Paradis où Adam fut installé, selon les Pieux Prédécesseurs, les imams de la communauté et les gens de la sunna et du consensus, est le Paradis de l’éternité. Celui qui prétend qu’il s’agissait d’un jardin terrestre – en Inde, à Jeddah ou ailleurs – relève des philosophes, des impies, des muʿtazilites ou de leurs frères parmi les théologiens rationalistes novateurs ; cette affirmation vient en effet de certains philosophes et muʿtazilites. Le Livre (3) la réfute, et les Pieux Prédécesseurs ainsi que leurs imams sont unanimes à la rejeter. »