et qu’Il l’y a ensuite élevé, après l’avoir créé sur terre, on comprend dès lors que le Jardin dans lequel il fut introduit n’était pas celui de l’éternité, situé au-delà des cieux.
Ils ajoutent : de plus, le Très-Haut a déclaré dans Son Livre qu’Il n’a pas créé Ses serviteurs en vain, sans but, et Il a blâmé ceux qui le prétendent ; il s’ensuit qu’une telle idée est contraire à la sagesse (1). Or, si le paradis d’Adam avait été le Paradis de l’éternité, ils auraient été créés dans un lieu où il n’existe ni ordre ni interdiction. Cela contredit la parole divine : « L’homme pense-t-il qu’on le laissera livré à lui-même ? » (Al-Qiyâma, 36) – ach-Shâfiʿî et d’autres ont commenté : « c’est-à-dire sans ordre ni défense » (2) – ainsi que Celle-ci : « Pensiez-vous donc que Nous vous avions créés pour rien ? » (Al-Mu’minûn, 115). Or, le Très-Haut ne les a ni créés en vain ni abandonnés sans règle, alors que dans le Paradis de l’éternité il n’y a aucune charge religieuse.
Ils disent encore : ce Paradis, Il l’a créé comme récompense pour ceux qui œuvrent, selon Sa parole : « Quelle belle récompense pour ceux qui œuvrent ! » (Al-ʿAnkabût, 58) ; comme rétribution pour les pieux : « Et quelle excellente demeure pour les pieux ! » (An-Naḥl, 30) ; comme demeure du salaire final : « Une rétribution auprès d’Allah » (Âl ʿImrân, 195). Il n’était donc pas concevable qu’Il y fasse habiter quiconque, si ce n’est ceux pour qui Il l’a créée : les gens d’œuvres, les gens de piété, ceux de leur descendance qui les suivront, ainsi que les houris et les jeunes serviteurs.
En somme, Sa sagesse – exalté soit-Il – veut que ce Jardin ne soit atteint qu’après l’épreuve et l’examen, la patience et le combat, et diverses formes d’obéissance ; et puisque telle est l’exigence de Sa sagesse, Il – glorifié soit-Il – n’accomplit que ce qui y correspond parfaitement.