Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et qu’Il l’y a ensuite élevé, après l’avoir créé sur terre, on comprend dès lors que le Jardin dans lequel il fut introduit n’était pas celui de l’éternité, situé au-delà des cieux.

Ils ajoutent : de plus, le Très-Haut a déclaré dans Son Livre qu’Il n’a pas créé Ses serviteurs en vain, sans but, et Il a blâmé ceux qui le prétendent ; il s’ensuit qu’une telle idée est contraire à la sagesse (1). Or, si le paradis d’Adam avait été le Paradis de l’éternité, ils auraient été créés dans un lieu où il n’existe ni ordre ni interdiction. Cela contredit la parole divine : « L’homme pense-t-il qu’on le laissera livré à lui-même ? » (Al-Qiyâma, 36) – ach-Shâfiʿî et d’autres ont commenté : « c’est-à-dire sans ordre ni défense » (2) – ainsi que Celle-ci : « Pensiez-vous donc que Nous vous avions créés pour rien ? » (Al-Mu’minûn, 115). Or, le Très-Haut ne les a ni créés en vain ni abandonnés sans règle, alors que dans le Paradis de l’éternité il n’y a aucune charge religieuse.

Ils disent encore : ce Paradis, Il l’a créé comme récompense pour ceux qui œuvrent, selon Sa parole : « Quelle belle récompense pour ceux qui œuvrent ! » (Al-ʿAnkabût, 58) ; comme rétribution pour les pieux : « Et quelle excellente demeure pour les pieux ! » (An-Naḥl, 30) ; comme demeure du salaire final : « Une rétribution auprès d’Allah » (Âl ʿImrân, 195). Il n’était donc pas concevable qu’Il y fasse habiter quiconque, si ce n’est ceux pour qui Il l’a créée : les gens d’œuvres, les gens de piété, ceux de leur descendance qui les suivront, ainsi que les houris et les jeunes serviteurs.

En somme, Sa sagesse – exalté soit-Il – veut que ce Jardin ne soit atteint qu’après l’épreuve et l’examen, la patience et le combat, et diverses formes d’obéissance ; et puisque telle est l’exigence de Sa sagesse, Il – glorifié soit-Il – n’accomplit que ce qui y correspond parfaitement.

(1) Dans les manuscrits H et N, on lit : « li-hikmatihi » (par Sa sagesse). (2) Voir : al-Risala, p. 25 ; Ibtal al-Istihsan (al-Umm), vol. 9, p. 68 ; Tafsir al-Tabari, vol. 24, p. 83.
ورفعه إليها بعد خلقه في الأرض، عُلِمَ أنَّ الجنةَ التي أُدخِلَها لم تكن هي جنة الخُلد التي فوق السماوات. قالوا: وأيضًا؛ فإنه سبحانه أخبر في كتابه أنه لم يخلق عبادَه عبثًا ولا سدًى، وأنكر على من زعم ذلك؛ فدلَّ على أنَّ هذا منافٍ للحكمة (١)، ولو كانت جنةُ آدم هي جنةَ الخُلد لكانوا قد خُلِقوا في دارٍ لا يُؤمرون فيها ولا يُنْهَون، وهذا باطلٌ بقوله: ﴿أَيَحْسَبُ الْإِنْسَانُ أَنْ يُتْرَكَ سُدًى﴾ [القيامة: ٣٦]، قال الشافعيُّ وغيره: معطَّلًا لا يؤمرُ ولا يُنهى (٢)، وقال: ﴿أَفَحَسِبْتُمْ أَنَّمَا خَلَقْنَاكُمْ عَبَثًا﴾ [المؤمنون: ١١٥]، فهو تعالى لم يخلقهم عبثًا، ولا تركهم سدًى، وجنةُ الخُلد لا تكليف فيها. قالوا: وأيضًا؛ فإنه خلقها جزاءً للعاملين، بقوله تعالى: ﴿نِعْمَ أَجْرُ الْعَامِلِينَ﴾ [العنكبوت: ٥٨]، وجزاءً للمتقين، بقوله: ﴿وَلَنِعْمَ دَارُ الْمُتَّقِينَ﴾ [النحل: ٣٠]، ودارَ الثواب، بقوله: ﴿ثَوَابًا مِنْ عِنْدِ اللَّهِ﴾ [آل عمران: ١٩٥]، فلم يكن لِيُسْكِنَها إلا مَن خلقَها لهم من العاملين، ومن المتقين، ومَن تَبِعَهم من ذرِّياتهم، وغيرهم من الحُور والولدان. وبالجملة؛ فحكمتُه تعالى اقتضت أنها لا تُنالُ إلا بعد الابتلاء والامتحان، والصَّبر والجهاد، وأنواع الطَّاعات، وإذا كان هذا مقتضى حكمته فإنه سبحانه لا يفعلُ إلا ما هو مطابقٌ لها.
(١) (ح، ن): «لحكمته». (٢) انظر: «الرسالة» (٢٥)، و «إبطال الاستحسان» (٩/ ٦٨ - الأم)، و «تفسير الطبري» (٢٤/ ٨٣).

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