et la connaissance qu’il transmettrait, alors qu’il se trouve dans le lieu même de la lieutenance pour lequel il a été créé et que les anges imaginaient ne pouvoir engendrer que l’inverse : corruption et effusion de sang. Cet argument est évident pour qui y prête attention.
Quant au participe actif – « jâʿil » –, bien qu’il ait une valeur future, c’est parce qu’il relate ce que le Seigneur, exalté soit-Il, allait accomplir par la suite : établir Son lieutenant sur la terre. Or Il (1) a tenu Sa promesse ; ce qu’Il avait annoncé s’est réalisé, ce qui montre clairement que, dès l’origine, Il l’a désigné comme lieutenant terrestre.
S’agissant maintenant de l’idée selon laquelle Il l’aurait d’abord placé au ciel, puis, dans un second temps, fait de lui un lieutenant sur terre, même si cela n’entre pas en contradiction avec la lieutenance évoquée, rien dans la formulation ne l’impose ; au contraire, le sens apparent suggère le contraire. On ne saurait donc retenir cette lecture qu’appuyée par une preuve contraignante, et c’est précisément autour d’une telle preuve que tourne la discussion.
Ils avancent en outre qu’il est de notoriété – aucun musulman ne le conteste – qu’Allah, exalté soit-Il, créa Adam à partir de poussière, et qu’il s’agit, sans nul doute, de la poussière de cette terre.
Ainsi, at-Tirmidhî rapporte dans son Jâmiʿ (2), d’après ʿAwf, lui-même rapportant de Qasâma b. Zuhayr, d’après Abû Mûsâ al-Ashʿarî – qu’Allah l’agrée – que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Allah – Majesté à Lui – créa Adam d’une poignée qu’Il préleva sur toute la surface de la terre. Les fils d’Adam se trouvèrent donc à l’image de la terre : certains rouges, d’autres blancs, d’autres noirs et tout l’éventail intermédiaire ; certains doux, d’autres rudes ; certains mauvais, d’autres bons. » At-Tirmidhî ajoute : « Hadith bon et authentique. » L’imâm Ahmad l’a également transmis dans son Musnad par plusieurs chaînes de narration.