Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

C’est pourquoi (1) quiconque redoute quelque chose en dehors d’Allah se voit soumis à cette chose ; sa propre crainte en est la cause. Mais s’il ne craint qu’Allah et refuse de la craindre, cette absence de peur, jointe à la confiance qu’il place en Allah, devient l’un des plus grands moyens d’en être délivré.

De même, celui qui place son espoir dans autre qu’Allah est privé de ce qu’il en attendait ; son attente illégitime compte parmi les raisons les plus fortes de cette privation. À l’inverse, lorsqu’il n’espère qu’en Allah, l’unicité de son espérance devient la plus puissante (2) des voies pour obtenir ce qu’il convoitait, ou son équivalent, ou même ce qui lui sera plus profitable. Et c’est Allah qui accorde la réussite vers la vérité.

Que ceci soit donc la conclusion de l’ouvrage. On y a réuni pour toi des trésors (3) que se disputent les compétiteurs, et l’on t’y a dévoilé des beautés telles que les prétendants se hâtent vers leurs pareilles.

Si tu le désires, tu pourras y puiser la connaissance de la science religieuse, de son mérite, de l’immense besoin qu’on en a, de sa noblesse et de celle de ses détenteurs, ainsi que de la grandeur de son rang dans les deux demeures.

Si tu le souhaites, tu y trouveras la démonstration de l’existence du Créateur par des voies limpides qui pénètrent les cœurs sans permission, ainsi que la reconnaissance de Sa sagesse dans la création et le commandement.

Si tu le veux, il t’y sera donné de mesurer la valeur de la Loi révélée, l’urgence qu’il y a à s’y conformer, sa majesté et sa sagesse.

Et si tu le veux encore, tu y découvriras ce qu’est la prophétie, l’impérieuse – voire la nécessaire (4) – nécessité de son existence, et la conviction qu’il est impossible, de la part du Plus Sage des juges, qu’Il laisse le monde en être privé.

(1) Les manuscrits D et T portent « wa kadhalika » (de même). (2) Le manuscrit T lit « min aqwa » (parmi les plus fortes). (3) Les manuscrits Q, S et T donnent « jaliyat » (écrit avec un yāʾ ; vocalisation selon D). (4) Le manuscrit Q propose « bal wa darura » (voire même par nécessité).
ولذلك (١) من خافَ شيئًا غيرَ الله سُلِّط عليه، وكان خوفُه منه هو سببَ تسليطه عليه، ولو خاف اللهَ دونه ولم يَخَفْهُ لكان عدمُ خوفه منه وتوكُّلُه على الله من أعظم أسباب نجاته منه. وكذلك من رجا شيئًا غيرَ الله حُرِمَ ما رجاه منه، وكان رجاؤه غيرَ الله من أقوى أسباب حرمانه، فإذا رجا اللهَ وحده كان توحيدُ رجائه أقوى (٢) أسباب الفوز بما رجاه، أو بنظيره، أو بما هو أنفعُ له منه، والله الموفق للصواب. وليكن هذا آخرَ الكتاب، وقد جُلِبَت (٣) إليك فيه نفائس في مثلها يتنافسُ المتنافسون، وجُلِيَت عليك فيه عرائس إلى مثلهنَّ بادَر الخاطبون. فإن شئتَ اقتبستَ منه معرفةَ العلم وفضله، وشدَّة الحاجة إليه، وشرفَه وشرفَ أهله، وعِظَم موقعه في الدارين. وإن شئتَ اقتبستَ منه معرفةَ إثبات الصانع بطُرقٍ واضحاتٍ جليَّات تَلِجُ القلوبَ بغير استئذان، ومعرفةَ حكمته في خلقه وأمره. وإن شئتَ اقتبستَ منه معرفةَ قَدْر الشريعة، وشدَّةَ الحاجة إليها، ومعرفةَ جلالتها وحكمتها. وإن شئتَ اقتبستَ منه معرفة النبوَّة وشدَّةَ الحاجة إليها بل ضرورة (٤) الوجود إليها، وأنه يستحيلُ من أحكم الحاكمين أن يُخْلِيَ العالم عنها.
(١) (د، ت): «وكذلك». (٢) (ت): «من أقوى». (٣) (ق، ص، ت): «جليت». بالياء. والضبط من (د). (٤) (ق): «بل وضرورة».

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