Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

de cette cause indésirable, les enjoignant de la fuir et de s’en tenir éloignés.

C’est pour cette raison qu’il fit transmettre à cet autre lépreux l’annonce que son acte d’allégeance était déjà accepté : il instituait ainsi la règle de se détourner des causes de nuisance et de désagrément et de ne pas s’exposer délibérément aux facteurs d’épreuve.

Quant au fait qu’il plongea sa main dans le même plat que le lépreux, cela releva de la confiance absolue qu’il plaçait en Allah et de l’abandon à Lui – l’un des moyens les plus puissants pour repousser ce qui est craint ou détesté. Par ce geste, il enseignait à la communauté qu’il faut neutraliser les causes indésirables par ce qui est plus fort qu’elles et leur montrait que le mal comme le bien sont entre les mains d’Allah : s’Il veut nuire à Son serviteur, Il le fait ; s’Il veut le favoriser, Il le favorise ; s’Il veut détourner de lui un mal, Il le détourne. Mieux encore, s’Il veut le faire bénéficier de ce qui, normalement, est cause de dommage, ou le léser par ce qui, habituellement, est facteur de bien, Il en a parfaitement le pouvoir.

Ainsi les serviteurs comprennent qu’Il est, Lui seul, Celui qui nuit et qui profite, que les causes mêmes de préjudice et d’utilité dépendent de Lui. C’est Lui qui les a instituées comme causes ; s’Il le veut, Il leur retire toute causalité ; s’Il le veut, Il produit par elles l’effet contraire de ce que l’on attend d’ordinaire, afin qu’il soit clair qu’Il est l’Auteur souverain et que rien ne nuit ni ne profite sans Sa permission. La confiance et l’abandon placés en Lui transforment les causes déplaisantes en leur contraire, révèlent leur véritable rang – de simples lieux où s’exécutent Sa volonté et Sa sagesse – et attestent qu’Il est, exalté soit-Il, Celui qui, par elles, fait advenir le mal ou le bien ; elles n’ont en elles-mêmes aucun pouvoir, car toute l’affaire relève d’Allah.

Leur nuisance n’atteint que celui dont le cœur s’attache à elles, s’arrête à elles et se laisse gagner par le mauvais présage que l’on en tire ; c’est celui-là qui subit (1) le malheur de la superstition.

La superstition (2) devient donc, pour le superstitieux, une cause de mal ; mais, lorsqu’il place sa confiance en Allah et s’en remet à Lui

(1) Les manuscrits T et S donnent «yasiluhu». (2) Les mêmes manuscrits lisent «sabab al-makruh» («la cause réprouvée»).
السبب المكروه والفرار والبعد منه. ولذلك أرسل إلى ذلك المجذوم الآخر بالبيعة، تشريعًا منه للفرار من أسباب الأذى والمكروه وأن يتعرَّض العبدُ لأسباب البلاء. ثمَّ وضعُ يده معه في القصعة، فإنما هو بسبب التوكُّل على الله والثقة به الذي هو من أعظم الأسباب التي يُدْفَعُ بها المكروه والمحذور؛ تعليمًا منه للأمَّة دفعَ الأسباب المكروهة بما هو أقوى منها، وإعلامًا بأنَّ الضرَّ والنفعَ بيد الله ﷿، فإن شاء أن يضرَّ عبدَه ضرَّه، وإن شاء أن ينفعه نفعه، وإن شاء أن يصرفَ عنه الضرَّ صرَفه، بل إن شاء أن ينفعه بما هو من أسباب الضرر، ويضرَّه بما هو من أسباب النفع فعَل. ليتبيَّن العبادُ أنه وحده الضارُّ النافع، وأنَّ أسبابَ الضرِّ والنفع بيده، وهو الذي جعلها أسبابًا، وإن شاء خلعَ منها سببيَّتها، وإن شاء جعَل ما تقتضيه بخلاف المعهود منها، ليُعْلَم أنه الفاعلُ المختار، وأنه لا يضرُّ شيءٌ ولا ينفعُ إلا بإذنه، وأنَّ التوكُّل عليه والثقةَ به تحيلُ الأسبابَ المكروهةَ إلى خلاف موجَباتها، وتبيِّن مرتبتَها، وأنها مَحَالُّ لمجاري مشيئة الله وحكمته، وأنه سبحانه هو الذي يضرُّ بها وينفع، ليس إليها ولا لها من الأمر شيء، وأنَّ الأمر كلَّه لله، وأنها إنما ينالُ ضررُها من علَّق قلبه بها، ووقفَ عندها، وتطيَّر بما يُتَطيَّر منها، فذلك الذي يصيبه (١) مكروهُ الطِّيَرة. والطِّيَرة سببٌ للمكروه (٢) على المتطيِّر، فإذا توكَّل على الله ووثقَ به
(١) (ت، ص): «يصله». (٢) (ت، ص): «سبب المكروه».

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