ni propos futiles ni péché. » (s. At-Tûr, 23) ; et encore : « Tu n’y entendras aucune parole futile. » (s. Al-Ghâshiyah, 11). Il s’agit là d’une négation générale qu’il n’est permis de restreindre qu’au moyen d’un élément de preuve explicite. Or Dieu – exalté soit-Il – a décrété de façon absolue que ce lieu est la demeure de l’éternité, si bien que nul n’y entre sans y demeurer à jamais. Restreindre cette appellation aux temps postérieurs à la Résurrection va donc à l’encontre du sens évident du texte.
- Quant à votre argument, on n’y recourt que si une preuve irréfutable, à l’abri de toute objection contraire, établit qu’il s’agit bel et bien du Jardin d’éternité lui-même ; dans ce cas, il faudrait effectivement adopter votre explication. Mais si aucune preuve de ce genre n’est établie et qu’aucun consensus de la communauté ne s’est formé à ce sujet, il n’est pas recevable de s’écarter des textes clairs et manifestes (1) sans motif valable. Dieu est plus savant.
Ils dirent encore : Parmi les indices montrant qu’il ne s’agit pas du Jardin d’éternité promis aux pieux, il y a le fait que, lorsque Dieu – exalté soit-Il – créa Adam, Il l’informa que la durée de sa vie avait un terme et qu’il n’avait pas été créé pour demeurer à jamais.
Cette idée est corroborée par le hadith rapporté par At-Tirmidhî dans son Jâmiʿ (2) : « Muhammad ibn Bashshâr nous a rapporté ; Safwân ibn ʿĪsâ nous a transmis ; Al-Hârith ibn ʿAbd ar-Raḥmân ibn Abî Dhubâb, d’après Saʿîd ibn Abî Saʿîd al-Maqburî, d’après Abû Hurayra – qu’Allah l’agrée… »