Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ni propos futiles ni péché. » (s. At-Tûr, 23) ; et encore : « Tu n’y entendras aucune parole futile. » (s. Al-Ghâshiyah, 11). Il s’agit là d’une négation générale qu’il n’est permis de restreindre qu’au moyen d’un élément de preuve explicite. Or Dieu – exalté soit-Il – a décrété de façon absolue que ce lieu est la demeure de l’éternité, si bien que nul n’y entre sans y demeurer à jamais. Restreindre cette appellation aux temps postérieurs à la Résurrection va donc à l’encontre du sens évident du texte.

  1. Quant à votre argument, on n’y recourt que si une preuve irréfutable, à l’abri de toute objection contraire, établit qu’il s’agit bel et bien du Jardin d’éternité lui-même ; dans ce cas, il faudrait effectivement adopter votre explication. Mais si aucune preuve de ce genre n’est établie et qu’aucun consensus de la communauté ne s’est formé à ce sujet, il n’est pas recevable de s’écarter des textes clairs et manifestes (1) sans motif valable. Dieu est plus savant.

Ils dirent encore : Parmi les indices montrant qu’il ne s’agit pas du Jardin d’éternité promis aux pieux, il y a le fait que, lorsque Dieu – exalté soit-Il – créa Adam, Il l’informa que la durée de sa vie avait un terme et qu’il n’avait pas été créé pour demeurer à jamais.

Cette idée est corroborée par le hadith rapporté par At-Tirmidhî dans son Jâmiʿ (2) : « Muhammad ibn Bashshâr nous a rapporté ; Safwân ibn ʿĪsâ nous a transmis ; Al-Hârith ibn ʿAbd ar-Raḥmân ibn Abî Dhubâb, d’après Saʿîd ibn Abî Saʿîd al-Maqburî, d’après Abû Hurayra – qu’Allah l’agrée… »

(1) (T) : « al-mubayyina » (la partie explicative). (2) Ḥadith n° 3368 ; également rapporté par al-Nasâʾî dans ʿAmal al-yaum wa-l-layla, n° 218, et par d’autres. Ibn Ḥibbân l’a déclaré authentique (n° 6167). Son maître Ibn Khuzayma l’a cité dans Kitâb al-Tawḥîd, 1/160, sans formuler d’objection. Al-Ḥâkim l’a également jugé ṣaḥîḥ (1/64) et al-Dhahabî ne l’a pas critiqué. Voir aussi : ʿIlal al-Dâraqutnî, 8/147. Il est toutefois plus vraisemblable qu’il s’agit d’une erreur ; la chaîne correcte est : Saʿîd b. Abî Saʿîd al-Maqburî, d’après son père, d’Abd Allâh b. Salâm, sous forme mawqûf. C’est l’avis d’al-Nasâʾî et d’Aḥmad dans al-ʿIlal, 3/372 (version d’Abd Allâh). Le passage retenu comme preuve est néanmoins transmis par d’autres voies, comme on le verra.
فِيهَا وَلَا تَأْثِيمٌ﴾ [الطور: ٢٣]، ولقوله تعالى: ﴿لَا تَسْمَعُ فِيهَا لَاغِيَةً﴾ [الغاشية: ١١]، فهذا نفيٌ عامٌّ لا يجوزُ تخصيصُه إلا بمخصِّصٍ بيِّن، والله سبحانه قد حكم بأنها دارُ الخُلد حكمًا مطلقًا، فلا يدخلُها إلا خالدٌ فيها، فتخصيصُكم هذه التسمية بما بعد القيامة خلافُ الظَّاهر. الثاني: أنَّ ما ذكرتُم إنما يصارُ إليه إذا قام الدليلُ السالمُ عن المُعارِض المقاوِم أنها جنةُ الخُلد بعينها، وحينئذٍ يتعيَّن المصيرُ إلى ما ذكرتم. فأما إذا لم يَقُم دليلٌ سالمٌ على ذلك، ولم تُجْمِع الأمَّةُ عليه، فلا يسوغُ مخالفةُ ما دلَّت عليه النصوص البيِّنة (١) بغير مُوجِب، والله أعلم. قالوا: ومما يدلُّ على أنها ليست جنةَ الخُلد التي وُعِدَها المتَّقون أنَّ الله سبحانه لما خلق آدم أعلَمه أنَّ لِعُمْرِه أجلًا ينتهي إليه، وأنه لم يخلقه للبقاء. ويدلُّ على هذا ما رواه الترمذيُّ في "جامعه" (٢) قال: حدثنا محمد بن بشَّار، قال: حدثنا صفوان بن عيسى: حدثنا الحارث بن عبد الرحمن بن أبي ذُباب، عن سعيد بن أبي سعيد المَقْبُري، عن أبي هريرة ﵁
(١) (ت): "المبينة". (٢) (٣٣٦٨)، والنسائي في "عمل اليوم والليلة" (٢١٨)، وغيرهما. وصححه ابن حبان (٦١٦٧)، وأخرجه شيخه ابن خزيمة في "التوحيد" (١/ ١٦٠) ولم يُعِلَّه، وصححه الحاكم (١/ ٦٤) ولم يتعقبه الذهبي. وانظر: "علل الدارقطني" (٨/ ١٤٧). والأشبه أنه خطأ، والصواب: عن سعيد بن أبي سعيد المقبري عن أبيه عن عبد الله بن سلام موقوفًا. وإلى ذلك ذهب النسائي وأحمد في "العلل" (٣/ ٣٧٢) رواية عبد الله. إلا أن موضع الشاهد مرويٌّ من وجوه أخرى، كما سيأتي.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies