Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et, quand ces facteurs se conjuguent à une quelconque défaillance dans la conception ou dans l’intention, surgissent alors – imagine ce qu’il te plaira – confusion et méprises, difficultés et hypothèses ; l’on met ses paroles en conflit les unes avec les autres, l’on affirme ce qu’il a nié et l’on nie ce qu’il a affirmé. Allah est l’Aide sollicitée.

Section

Quant à l’affaire du lépreux, il ne fait aucun doute qu’il a été rapporté du Prophète – qu’Allah le bénisse et le salue – qu’il a dit : « Fuis le lépreux comme tu fuis le lion » (1) ; qu’il fit dire à ce lépreux : « Nous avons déjà accepté ton acte d’allégeance, retourne donc » (2) ; et qu’il prit la main d’un lépreux, la plongea dans le plat et déclara : « Mange, avec confiance en Allah et en t’en remettant à Lui » (3).

Il n’existe aucune contradiction entre ces récits. Celui qui embrasse du regard ce que nous avons exposé en discernera la cohérence : côtoyer un lépreux ne constitue, au plus, qu’une cause possible de contagion, et cette cause se trouve contrebalancée par d’autres qui empêchent qu’elle produise son effet.

Parmi les plus puissantes de ces causes se trouve la reliance à Allah et la confiance placée en Lui ; elle neutralise l’action de ce facteur redouté. Toutefois, chaque membre de la communauté n’est pas capable d’atteindre ce degré ; aussi les a-t-il orientés vers l’évitement

(1) Voir l’extraction précédente, p. 1511. (2) Voir également p. 1511. (3) Ḥadith rapporté par Abou Dâwûd (3925), at-Tirmidhî (1817) et Ibn Mâja (3542) d’après Jâbir. Ibn Ḥibbân (6120) et al-Ḥâkim (4/136) l’ont jugé authentique, sans qu’al-Dhahabî ne s’y oppose. Pourtant, la chaîne présente une faiblesse ; la version la plus correcte est mawqûf, attribuée seulement à ‘Umar ou Salmân. La version marfû‘ est rejetée par al-Bukhârî, at-Tirmidhî, al-‘Uqaylî et Ibn ‘Adiyy. Voir : ‘Ilal at-Tirmidhî al-Kabîr, 303 ; al-Jâmi‘ ; al-Ḍu‘afâ’, 4/242 ; al-Kâmil, 6/409.
فإذا اجتمعت هذه الأمورُ مع نوع فسادٍ في التصوُّر، أو القصد، أوهَما ما شئتَ من خَبْطٍ وغلطٍ وإشكالاتٍ واحتمالاتٍ وضرب كلامه بعضه ببعض، وإثبات ما نفاه ونفي ما أثبته، والله المستعان. فصل وأمَّا قضيةُ المجذوم؛ فلا ريب أنه رُوِي عن النبي ﷺ أنه قال: «فِرَّ من المجذوم فرارَك من الأسد» (١)، وأرسل إلى ذلك المجذوم: «إنَّا قد بايعناك فارجِع» (٢)، وأخَذ بيد مجذومٍ فوضعها في القصعة، وقال: «كُلْ، ثقةً بالله وتوكُّلًا عليه» (٣). ولا تنافي بين هذه الآثار، ومن أحاطَ علمًا بما قدَّمناه تبيَّن له وجهُها، وأنَّ غايةَ ذلك أنَّ مخالطةَ المجذوم من أسباب العدوى، وهذا السببُ يعارضُه أسبابٌ أخرُ تمنعُ اقتضاءه. فمِنْ أقواها: التَّوكُّلُ على الله والثقةُ به، فإنه يمنعُ تأثيرَ ذلك السبب المكروه، ولكن لا يقدرُ كلُّ واحدٍ من الأمَّة على هذا، فأرشدَهم إلى مجانبة
(١) تقدم تخريجه (ص: ١٥١١). (٢) تقدم تخريجه (ص: ١٥١١). (٣) أخرجه أبو داود (٣٩٢٥)، والترمذي (١٨١٧)، وابن ماجه (٣٥٤٢) من حديث جابر. وصححه ابن حبان (٦١٢٠)، والحاكم (٤/ ١٣٦) ولم يتعقبه الذهبي. وفي إسناده ضعف، والصوابُ أنه موقوفٌ على عمر أو سلمان، وأنكر رفعه البخاري والترمذي والعقيلي وابن عدي. انظر: «علل الترمذي الكبير» (٣٠٣)، و «الجامع»، و «الضعفاء» (٤/ ٢٤٢)، و «الكامل» (٦/ ٤٠٩).

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