Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

qu’il s’en rende compte, Allah en ferait la substance de l’enfant (1).
J’ajoute : la matière de l’enfant ne se limite pas à ce que tout le sperme pénètre dans l’utérus ; si Allah a décrété la création d’un enfant à partir de cette semence, même si on la déposait sur un rocher, l’enfant en serait tiré.
De plus, l’homme qui pratique le coït interrompu éjacule le plus souvent à proximité immédiate de la vulve, et cela se produit généralement lorsqu’il sent l’émission ; or il arrive fréquemment qu’une partie du sperme s’écoule sans qu’il s’en aperçoive. Il en expulse alors une partie à l’extérieur sans se douter de ce qui demeure à l’intérieur ni de ce qui s’est mêlé à la semence de la femme.
En somme, la cause de la conception ne se réduit pas à une éjaculation complète dans le vagin.
Plusieurs personnes dignes de confiance m’ont rapporté que leur épouse était tombée enceinte alors même qu’ils se retiraient d’elle – pour cause d’allaitement ou pour d’autres raisons –, et j’ai vu certains de ces enfants : frêles et chétifs.
Que les bénédictions et le salut d’Allah soient sur celui dont chaque parole en confirme une autre et dont les propos se soutiennent mutuellement ; la divergence, la difficulté et la confusion résident dans les esprits, non dans ce qui a jailli d’entre ses lèvres.
Il incombe donc à tout croyant (2) de remettre ce qui lui paraît obscur à la parole la plus véridique et de savoir qu’« au-dessus de tout détenteur de science se trouve le Savant suprême » (3). S’il s’avisait de contester un artisan ou un spécialiste d’une science issue de l’effort intellectuel sans en maîtriser les fondements, il ne ferait que se ridiculiser et prêter à rire à l’expert de son ignorance.

(1) Voir Ibn al-Qayyim, « Iʿlām al-muwaqqiʿīn », vol. 2, p. 297-298. (2) Variante manuscrite : le ms. (T) lit « Muslim », le ms. (S) « ʿāqil » (« raisonnable »). (3) Lecture conforme aux manuscrits de base, transcrite telle quelle.
يُحِسُّ بها لجعلها اللهُ مادةً للولد (١). قلت: مادةُ الولد [غير] مقصورةٍ على وقوع الماء بجملته في الرَّحم، بل إذا قدَّر الله خَلْقَ الولد من الماء فلو وُضِعَ على صخرةٍ لخُلِقَ منه الولد. كيف، والذي يعزِلُ في الغالب إنما يلقي ماءه قريبًا من الفرج، وذلك إنما يكونُ غالبًا عندما يحسُّ بالإنزال، وكثيرًا ما ينزلُ بعضُ الماء ولا يشعُر به، فينزلُه خارجَ الفرج ولا شعورَ له بما ينزلُ في الفرج، ولا بما خالطَ ماءَ المرأة منه. وبالجملة؛ فليس سببُ خلقِ الولد مقصورًا على الإنزال التَّامِّ في الفرج. ولقد حدَّثني غيرُ واحدٍ ممَّن أثقُ به أنَّ امرأته حَمَلَت مع عزله عنها لرضاعٍ وغيره، ورأيتُ بعض أولادهم ضعيفًا ضئيلًا. فصلواتُ الله وسلامه على من يصدِّقُ كلامُه بعضُه بعضًا، ويشهدُ بعضُه لبعض، فالاختلافُ والإشكالُ والاشتباهُ إنما هو في الأفهام، لا فيما خرجَ من بين شفتيه من الكلام. والواجبُ على كلِّ مؤمنٍ (٢) أن يَكِلَ ما أشكَل عليه إلى أصدق قائل، ويعلمَ أنَّ فوق كلِّ ذي علمٍ عليم (٣)، وأنه لو اعترَض على ذي صناعةٍ أو علمٍ من العلوم التي استنبطتها معاولُ الأفكار ولم يُحِط علمًا بتلك الصِّناعة والعلم، لأزرى على نفسه، وأضحَك صاحبَ تلك الصِّناعة والعلم على عقله.
(١) انظر: «إعلام الموقعين» (٢/ ٢٩٧، ٢٩٨). (٢) (ت): «مسلم». (ص): «عاقل». (٣) كذا في الأصول، على الحكاية.

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