Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Il estima donc que cet avantage prépondérait sur le préjudice qu’entraînerait la fermeture du moyen en interdisant les rapports avec elles (1). De plus, il avait constaté que les deux peuples – les Perses et les Byzantins –, parmi les nations les plus nombreuses et les plus puissantes, le pratiquaient sans la moindre crainte, malgré leur vigueur et leur robustesse ; il s’abstint dès lors de l’interdire.

Il n’existe donc aucune contradiction entre les deux hadiths ; l’un n’abroge pas l’autre. Allah sait mieux ce qu’a voulu Son Messager (2).

Fasl (Section)

Relève du même ordre la parole qu’il ﷺ (3) adressa à l’homme qui lui dit : « J’ai une esclave, je déteste qu’elle devienne enceinte et je pratique le coït interrompu avec elle. » Il répondit : « Elle recevra ce qui lui a été décrété » (4).

Il n’y a, là encore, aucun antagonisme entre ces hadiths. En effet, le Prophète ﷺ n’a jamais affirmé que l’enfant puisse être créé sans la semence de l’homme ; il a simplement annoncé que ce qui a été décrété pour elle l’atteindra, même s’il se retire. Car, lorsque la création d’un enfant est voulue, il est également décrété qu’un peu de sperme précédera, à l’insu de l’homme : une faible quantité s’écoule, se mêle à la semence de la femme sans qu’il en ait conscience et devient cause de la conception.

C’est pourquoi il a dit : « Ce n’est pas de toute émission de sperme que naît un enfant » (5). Ainsi, si une goutte sortait de lui sans

(1) Le terme n’est pas clairement établi dans les manuscrits de base ; son tracé évoque «watrayn». Dans le manuscrit (T), on lit plutôt «fa nazara». (2) Cf. : Tuhfat al-mawdud, p. 192 ; Zad al-maad, t. 5, p. 147. (3) Voir Sahih Muslim, no 1439, hadith de Jabir. (4) Le manuscrit (D) laisse ici un blanc d’environ deux lignes et demie ; il semble que l’auteur ait réservé cet espace pour inscrire les hadiths montrant que l’enfant est créé à partir de la semence de l’homme et de la femme, lesquels pourraient, à première vue, sembler contredire le présent hadith. Cette hypothèse est étayée par sa remarque : «Il n’y a donc pas de contradiction entre ces hadiths», alors qu’il n’a finalement cité qu’un seul hadith sans aucun opposant. (5) Rapporté par Muslim, no 1438, d’après Abu Saïd al-Khudri.
فرأى أنَّ هذه المصلحةَ أرجحُ من مفسدة سدِّ الذريعة بوطئهنَّ (١)، ورأى الأمَّتين اللتين هما من أكثر الأمم وأشدِّها بأسًا يفعلونه ولا يتَّقونه، مع قوَّتهم وشدَّتهم، فأمسَك عن النهي عنه. فلا تعارضَ إذًا بين الحديثين، ولا ناسخَ منهما ولا منسوخ، والله أعلم بمراد رسوله (٢). فصل ويُشْبِهُ هذا قولُه ﷺ (٣) للذي قال له: إنَّ لي أمَةً، وأنا أكرهُ أن تحبَل، وإني أعزِلُ عنها، فقال: «سيأتيها ما قُدِّرَ لها» (٤). فليس بين هذه الأحاديث تعارض، فإنه ﷺ لم يقل: إنَّ الولدَ يُخْلَقُ من غير ماء الواطاء، بل أخبر أنه سيأتيها ما قُدِّر لها ولو عَزَل، فإنه إذا قُدِّرَ خلقُ الولد قُدِّرَ سبقُ الماء والواطاءُ لا يشعر، بل يخرجُ منه ماءٌ يمازجُ ماءَ المرأة لا يشعُر به يكونُ سببًا في خلق الولد. ولهذا قال: «ليس من كلِّ الماء يكونُ الولد» (٥)، فلو خرج منه نطفةٌ لا
(١) غير محررة في الأصول، رسمها يشبه: «وطرين». وفي (ط): «فنظر». (٢) انظر: «تحفة المودود» (١٩٢)، و «زاد المعاد» (٥/ ١٤٧). (٣) فيما أخرجه مسلم (١٤٣٩) من حديث جابر. (٤) هاهنا بياض في (د) بمقدار سطرين ونصف، كأنَّ المصنف تركه في أصله ليكتب الأحاديث التي تدلُّ على أن الولد يخلق من ماء الرجل والمرأة، وظاهرها يوهمُ معارضة هذا الحديث. ويدل لذلك قوله: «فليس بين هذه الأحاديث تعارض»، وهو إنما أورد حديثًا واحدًا لا معارض له. (٥) أخرجه مسلم (١٤٣٨) من حديث أبي سعيد الخدري.

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