Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

allaite ; que cet acte revient à tuer l’enfant en secret, et qu’« il rejoint le cavalier pour le faire trébucher et le désarçonner » (1).

Il a également dit, dans un autre ḥadith : « J’ai failli l’interdire, puis j’ai vu que les Perses et les Byzantins le pratiquent sans que cela nuise en rien à leurs enfants » (2).

Certains ont avancé que l’un de ces deux textes abroge l’autre, même si nous ignorons lequel abroge et lequel est abrogé, faute de connaître la chronologie.

D’autres – et c’est l’explication la plus satisfaisante – ont soutenu que la négation et l’affirmation ne portent pas sur un même aspect. Le Prophète ﷺ a, dans l’un des deux cas, déclaré que l’enfant subit de cette pratique l’équivalent de ce que subirait un cavalier qu’on fait tomber de sa monture : on le fait trébucher et chuter, ce qui provoque une certaine faiblesse ⦗3⦘. Il ne s’agit toutefois ni de le tuer ni de l’anéantir, bien qu’un certain préjudice puisse en découler pour le nourrisson. Aussi les a-t-il orientés vers le fait de s’en abstenir sans le leur interdire ; il s’est contenté de dire : « Pourquoi l’un de vous fait-il cela ? » (4), et non : « Ne le faites pas. » Il n’existe donc de sa part ﷺ aucune formulation explicite d’interdiction.

Par la suite, il envisagea de le proscrire afin de fermer la porte au tort susceptible d’atteindre le nourrisson, mais il estima que cette mesure ne compenserait pas la corruption qui découlerait de l’abstinence de rapports avec les épouses durant toute la période d’allaitement, surtout chez les jeunes et chez ceux dont l’ardeur charnelle n’est brisée que par l’intimité avec leurs femmes.

(1) Rapporté par Ahmad, 6/453 ; Abou Dawoud, 3881 ; Ibn Madja, 2012, et d’autres, d’après Asmâʾ bint Yazîd. Ibn Ḥibbân l’a authentifié (5984) et Ibn Ḥajar l’a déclaré « ḥasan » dans al-Isâba, 7/498. Le verbe « yudaʿthiruhu » signifie : « le fait trébucher et le fait périr » (al-Nihâya, s.v. daʿthara). (2) Rapporté par Muslim, 1442, d’après Jadhâma bint Wahb. (3) (Q) : « type de prohibition ». (4) Référence non retrouvée.
كانت تُرضِع، وأنه يشبهُ قتلَ الولد سرًّا، وأنه يُدْرِكُ الفارسَ فيُدَعْثِرُه (١). وقوله في حديثٍ آخر: «لقد هممتُ أن أنهى عنه، ثمَّ رأيتُ فارسَ والروم يفعلونه ولا يضرُّ ذلك أولادَهم شيئًا» (٢). وقد قيل: إنَّ أحدَ الحديثين منسوخٌ بالآخر، وإن لم نعلَم عَيْنَ الناسخ منهما من المنسوخ، لعدم علمنا بالتاريخ. وقيل ــ وهو أحسن ــ: إنَّ النفيَ والإثباتَ لم يتواردا على محلٍّ واحد، فإنه ﷺ أخبَر في أحد الجانبين أنه يفعَل في الولد مثلَ ما يفعَل من يصرعُ الفارسَ عن فرسه، كأنه يُدَعْثِرُه ويصرعُه، وذلك يوجبُ نوعَ وَهْن (٣)، ولكنه ليس بقتلٍ للولد وإهلاكٍ له، وإن كان قد يترتبُ عليه نوعُ أذًى للطفل؛ فأرشدَهم إلى تركه، ولم ينهَ عنه، بل قال: «علامَ يفعلُ أحدُكم ذلك؟» (٤)، ولم يقل: لا تفعلوه، فلم يجئ عنه ﷺ لفظٌ واحدٌ بالنهي عنه. ثمَّ عزَمَ على النهي سدًّا لذريعة الأذى الذي ينالُ الرضيع، فرأى أنَّ سدَّ هذه الذريعة لا يقاوم المفسدةَ التي تترتبُ على الإمساك عن وطء النساء مدَّة الرضاع، ولاسيَّما من الشَّباب وأرباب الشَّهوة التي لا يَكْسِرُها إلا مواقعةُ نسائهم.
(١) أخرجه أحمد (٦/ ٤٥٣)، وأبو داود (٣٨٨١)، وابن ماجه (٢٠١٢)، وغيرهم من حديث أسماء بنت يزيد. وصححه ابن حبان (٥٩٨٤)، وحسنه ابن حجر في «الإصابة» (٧/ ٤٩٨). و «يدعثره»: يصرعه ويهلكه. «النهاية» (دعثر). (٢) أخرجه مسلم (١٤٤٢) من حديث جدامة بنت وهب. (٣) (ق): «نوع نهي». (٤) لم أجده.

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