Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ne pourra rien pour une autre, qu’aucune intercession ne sera acceptée d’elle et qu’aucune compensation ne sera reçue d’elle. » (Coran 2 : 48)
Et, dans un autre verset : « Son intercession ne lui sera d’aucune utilité. » (Coran 2 : 123) ; et encore : « avant que ne vienne un jour où il n’y aura ni négoce, ni amitié intime, ni intercession. » (Coran 2 : 254).
Quant à l’affirmation de l’intercession, elle se trouve dans Sa parole : « Ils n’intercèdent qu’en faveur de celui qu’Il agrée. » (Coran 21 : 28), dans Sa parole : « Qui donc peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission ? » (Coran 2 : 255), ainsi que dans Sa parole : « Ils ne détiennent le pouvoir d’intercéder, sauf ceux qui ont conclu un pacte auprès du Tout-Miséricordieux. » (Coran 19 : 87).

En vérité, le Très-Haut a rejeté l’intercession polythéiste que concevaient les idolâtres et leurs semblables : l’intercession d’intermédiaires auprès d’Allah pour leur attirer un bien ou repousser un mal du seul fait de leur personne, sans que cela dépende de la permission d’Allah ni de Son agrément pour celui en faveur duquel l’intercesseur voudrait intervenir. C’est cette intercession qu’Allah – exalté soit-Il – a abolie et niée ; elle constitue la racine de tout polythéisme, le fondement sur lequel il s’édifie et le pivot (1) auquel il ramène.

Il a, en revanche, confirmé l’intercession qui ne se produit qu’avec la permission d’Allah accordée à l’intercesseur et Son agrément pour la parole et l’action de celui en faveur duquel on intercède. Cette intercession s’obtient par la purification du tawḥîd, comme l’a déclaré le Prophète ﷺ : « Les plus heureux de mon intercession seront ceux qui auront dit : “Il n’y a de dieu qu’Allah”, avec une sincérité totale de cœur. » (2)

La première intercession est donc celle qu’imaginaient les polythéistes, et c’est vers elle qu’ils ont fait de l’association un moyen d’accès.

Ainsi, trois situations se présentent :

  1. Dédier exclusivement le tawḥîd à Allah tout en affirmant l’existence des causes ; c’est là ce qu’ont apporté les révélations et ce qui correspond à la réalité même.
(1) Le mot est absent du manuscrit Q ; le manuscrit T donne la lecture « akhbiyatahu », forme corrompue déjà expliquée plus haut. (2) Rapporté par al-Bukhari, hadith n° 99, d’après Abu Hurayra.
عَنْ نَفْسٍ شَيْئًا وَلَا يُقْبَلُ مِنْهَا شَفَاعَةٌ وَلَا يُؤْخَذُ مِنْهَا عَدْلٌ﴾ [البقرة: ٤٨]، وفي الآية الأخرى: ﴿وَلَا تَنْفَعُهَا شَفَاعَةٌ﴾ [البقرة: ١٢٣]، وفي قوله: ﴿مِنْ قَبْلِ أَنْ يَأْتِيَ يَوْمٌ لَا بَيْعٌ فِيهِ وَلَا خُلَّةٌ وَلَا شَفَاعَةٌ﴾ [البقرة: ٢٥٤]، وإثباتُها في قوله: ﴿وَلَا يَشْفَعُونَ إِلَّا لِمَنِ ارْتَضَى﴾ [الأنبياء: ٢٨]، وقوله: ﴿مَنْ ذَا الَّذِي يَشْفَعُ عِنْدَهُ إِلَّا بِإِذْنِهِ﴾ [البقرة: ٢٥٥]، وقوله: ﴿لَا يَمْلِكُونَ الشَّفَاعَةَ إِلَّا مَنِ اتَّخَذَ عِنْدَ الرَّحْمَنِ عَهْدًا﴾ [مريم: ٨٧]. فإنه سبحانه نفى الشفاعةَ الشِّركيَّة التي كانوا يعتقدونها وأمثالُهم من المشركين، وهي شفاعةُ الوسائط لهم عند الله في جلب ما ينفعُهم ودفع ما يضرُّهم بذواتها وأنفسها بدون توقُّف ذلك على إذن الله ومرضاته لمن شاء أن يَشْفَعَ فيه الشافع، فهذه الشفاعةُ التي أبطلَها اللهُ سبحانه ونفاها، وهي أصلُ الشرك كلِّه، وقاعدتُه التي عليها بناؤه، وآخيَّتُه (١) التي يَرجِعُ إليها. وأثبتَ سبحانه الشفاعةَ التي لا تكونُ إلا بإذن الله للشافع ورضاه عن المشفوع قولِه وعملِه، وهي الشفاعةُ التي تُنال بتجريد التوحيد، كما قال ﷺ: «أسعدُ الناس بشفاعتي من قال: لا إله إلا الله، خالصًا من قلبه» (٢). والشفاعةُ الأولى هي الشفاعةُ التي ظنَّها المشركون، وجعلوا الشرك وسيلةً إليها. فالمقامات ثلاثة: أحدها: تجريدُ التوحيد، وإثباتُ الأسباب، وهذا هو الذي جاءت به الشرائع، وهو مطابقٌ للواقع في نفس الأمر.
(١) غير محرَّرة في (ق). (ط): «أخبيته». وهو تحريف. وتقدم شرحها. (٢) أخرجه البخاري (٩٩) من حديث أبي هريرة.

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