Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

De même, cette réalité est établie pour la maladie et le remède : le Prophète ﷺ s’est soigné et il a ordonné de se soigner (1). Il a en outre déclaré qu’Allah n’a jamais fait descendre une maladie sans lui adjoindre son remède, à l’exception de la vieillesse (2). Il nous a ainsi appris qu’Il est le Créateur des causes de la maladie aussi bien que des causes du remède qui lui sont opposées et la combattent, et Il nous a ordonné de repousser ces causes détestables par celles-là.

Sur ce principe reposent les intérêts des deux demeures, et même la création et l’ordre divin sont fondés sur cette règle : nier les causes et les priver de leur statut revient à neutraliser la Loi révélée et les intérêts d’ici-bas ; mais s’y fier exclusivement, s’y reposer et croire que les effets se produisent par elles seules, en tant que causes parfaites, constitue un acte de polythéisme envers le Créateur – exalté soit-Il –, une ignorance à Son égard et une sortie de la véritable unité (tawḥîd). Affirmer leur causalité selon la manière dont Allah les a créées et instituées, c’est affirmer la création et l’ordre, la Loi et le décret, la cause et la volonté, l’unicité et la sagesse (3).

Le Législateur établit donc cette réalité sans la nier, tout en réfutant la croyance qu’en ont les polythéistes.

Semblable à cela est Sa négation de l’intercession dans Sa parole : « Et craignez le jour où nulle âme… »

(1) Voir : Ibn al-Qayyim, Zad al-Maʿad, vol. 4, p. 10, 13-17. (2) Ḥadith rapporté par Aḥmad (4/278), Abou Dawoûd (3855), al-Tirmidhi (2038), Ibn Mâjah (3436) et d’autres, d’après Oussâma b. Charik. Déclaré authentique par al-Tirmidhi, Ibn Ḥibbân (486) et al-Hâkim (4/400), sans contestation d’al-Dhahabi ; également recensé par al-Ḍiyâ’ dans al-Mukhtâra (1383, 1384, 1385). (3) Voir : Ibn al-Jawzi, Talbîs Iblîs, p. 282 ; Ibn Taymiyya, Majmouʿ al-Fatâwâ, vol. 1, p. 131 ; vol. 8, p. 70, 139, 169-180 ; vol. 10, p. 257 ; idem, Minhâj as-Sunna, vol. 5, p. 366 ; Ibn al-Qayyim, Madârij as-Sâlikîn, vol. 1, p. 244 ; vol. 3, p. 499 ; idem, Ṭarîq al-Hijratayn, p. 391.
كما أنَّ ذلك ثابتٌ في الداء والدواء، وقد تداوى النبيُّ ﷺ، وأمر بالتَّداوي (١)، وأخبر أنَّ ما أنزَل اللهُ داءً إلا أنزَل له دواءً، إلا الهَرَم (٢)، فأعلمَنا أنه خالقُ أسباب الداء وأسباب الدواء المعارِضة المقاوِمة لها، وأمرَنا بدفع تلك الأسباب المكروهة بهذه الأسباب. وعلى هذا قيامُ مصالح الدارين، بل الخلقُ والأمرُ مبنيٌّ على هذه القاعدة، فإنَّ تعطيلَ الأسباب وإخراجَها عن أن تكون أسبابًا تعطيلٌ للشرع ومصالح الدنيا، والاعتمادَ عليها والركونَ إليها واعتقادَ أنَّ المسبَّبات بها وحدها وأنها أسبابٌ تامةٌ= شركٌ بالخالق ﷿ وجهلٌ به وخروجٌ عن حقيقة التوحيد، وإثباتُ سببيَّتها على الوجه الذي خلقها اللهُ عليه وجعلها له إثباتٌ للخلق والأمر، للشرع والقدر، للسبب والمشيئة، للتوحيد والحكمة (٣). فالشارعُ يثبتُ هذا ولا ينفيه، وينفي ما عليه المشركون من اعتقادهم في ذلك. ويُشْبِهُ هذا نفيُه ﷾ الشفاعةَ في قوله: ﴿وَاتَّقُوا يَوْمًا لَا تَجْزِي نَفْسٌ
(١) انظر: «زاد المعاد» (٤/ ١٠، ١٣ - ١٧). (٢) أخرجه أحمد (٤/ ٢٧٨)، وأبو داود (٣٨٥٥)، والترمذي (٢٠٣٨)، وابن ماجه (٣٤٣٦)، وغيرهم من حديث أسامة بن شريك ﵁. وصححه الترمذي، وابن حبان (٤٨٦)، والحاكم (٤/ ٤٠٠) ولم يتعقبه الذهبي، وخرَّجه الضياء في «المختارة» (١٣٨٣، ١٣٨٤، ١٣٨٥). (٣) انظر: «تلبيس إبليس» (٢٨٢)، و «مجموع الفتاوى» (١/ ١٣١، ٨/ ٧٠، ١٣٩، ١٦٩ - ١٨٠، ١٠/ ٢٥٧)، و «منهاج السنة» (٥/ ٣٦٦)، و «مدارج السالكين» (١/ ٢٤٤، ٣/ ٤٩٩)، و «طريق الهجرتين» (٣٩١).

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