Pour ma part, je vois dans ces deux ḥadiths une autre voie qui affirme l’existence des causes et des sagesses, tout en réfutant l’idolâtrie et les croyances fallacieuses qu’ils professaient, de sorte que la négation et l’affirmation se placent chacune à leur juste place. En effet, ces gens (1) soutenaient la contagion selon leur doctrine polythéiste, à l’image des astrologues qui prêtent aux astres une influence sur ce monde, tantôt faste tantôt néfaste, comme nous l’avons déjà expliqué à leur sujet.
S’ils avaient plutôt déclaré qu’il ne s’agit là que de causes, ou de fragments de causes, qu’Allah détourne de leurs effets quand Il le veut par Sa volonté et Sa sagesse; qu’elles sont assujetties à Son ordre pour la fonction qui leur a été assignée; qu’à cet égard elles sont comparables aux autres causes auxquelles Il a lié leurs conséquences, tout en leur adjoignant d’autres causes qui les contrarient, les neutralisent et empêchent qu’elles ne produisent l’effet pour lequel elles ont été instituées;
et qu’elles ne réalisent leurs effets qu’avec Sa permission, Son vouloir et Sa décision; qu’en elles-mêmes elles ne possèdent ni mal ni bien ni aucune efficacité; qu’elles ne sont rien d’autre qu’une création soumise, dirigée et dominée, qui ne se meut que par l’autorisation de son Créateur et Sa volonté; qu’au mieux elles ne constituent qu’une portion de cause sans être une cause complète, leur causalité étant du même ordre que le rapport charnel des parents dans la naissance d’un enfant—ce n’est là qu’un élément parmi les nombreux moyens par lesquels Allah crée le fœtus—ou que le fait de labourer la terre et d’y jeter la semence, acte qui n’est qu’une infime partie de l’ensemble des causes par lesquelles Allah fait pousser la plante; et qu’il en va ainsi de toutes les causes de l’univers, qu’il s’agisse de la nourriture, du remède, de la santé, de la maladie et de tout le reste;
et qu’Allah, exalté soit-Il, fait de l’une ou l’autre de ces choses une cause lorsqu’Il le veut, abolit leur efficacité causale lorsqu’Il le veut, et crée des causes contraires qui empêchent l’effet qu’elles semblent impliquer,
alors, s’ils avaient reconnu la contagion sous cet angle (2), personne ne les aurait blâmés.