et l’Enfer ont déjà été créés, et qu’aucun ne le conteste si ce n’est quelques tenants de l’innovation et de l’égarement. Votre argumentation en faveur de l’existence actuelle du Paradis est fondée – nous ne la rejetons pas ; nous possédons même des preuves bien plus nombreuses que celles que vous avez citées. Mais quel lien nécessaire existe-t-il entre le fait que le Jardin d’éternité soit créé et le fait qu’il soit précisément le jardin d’Adam ?
On pourrait croire que, selon vous, quiconque affirme que le jardin d’Adam se trouvait sur terre doit forcément soutenir que le Paradis et l’Enfer ne sont pas encore créés. C’est là votre méprise : vous vous imaginez que tout défenseur de la thèse « le Paradis n’est pas encore créé » affirme du même coup que le jardin d’Adam est terrestre, et, inversement, que quiconque situe le jardin d’Adam sur terre soutient ipso facto que le Paradis n’a pas encore été créé (1).
Or, s’agissant du premier lien supposé, son inexistence ne fait aucun doute ; quant au second, il relève de la pure illusion : il n’y a entre eux aucune nécessaire corrélation, ni dans la doctrine ni dans la preuve. Vous avez dressé votre argument contre une faction dont nous rejetons l’opinion tout autant que vous, mais cela n’entraîne nullement l’invalidation de ce troisième avis. Cela est manifeste.
Ils dirent encore : Quant à votre affirmation selon laquelle tout ce que Dieu – exalté soit-Il – a nié à propos du Paradis, à savoir le bavardage futile, le mensonge et les autres fléaux dont certains furent constatés chez Iblis, l’ennemi de Dieu, ne vaudrait qu’après la Résurrection, une fois les croyants introduits dans le Jardin, ainsi que le suggère le contexte,
voici notre réponse en deux points.
- L’apparence même du texte implique une négation absolue, selon la parole du Très-Haut (2) : « On n’y entendra ni propos futiles… »