Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Le Prophète ﷺ s’en est d’ailleurs expliqué lui-même afin de distinguer clairement les deux catégories. Ainsi, lorsqu’il entendit leurs voix au milieu des palmiers alors qu’ils procédaient au taʿbîr — c’est-à-dire à la pollinisation —, il demanda : « Qu’est-ce que cela ? ». Ils lui répondirent qu’ils étaient en train de les polliniser. Il leur dit alors : « À mon avis, si vous cessiez de le faire, cela ne leur porterait aucun préjudice. » Ils s’abstinrent donc, et la récolte ne donna que du shîṣ (des dattes atrophiées). Il leur déclara ensuite : « Je ne vous ai parlé qu’en fonction de ce que je supposais ; vous êtes plus avertis des affaires de votre vie d’ici-bas. En revanche, lorsque je vous informe au sujet d’Allah… » (1).

Ce hadith est authentique et célèbre ; il compte parmi les preuves éclatantes de sa mission prophétique. En effet, celui à qui peut échapper un détail aussi banal de la vie terrestre et de la coutume qu’Allah y a instaurée, et qui, malgré cela, vient avec des sciences auxquelles nul être humain n’a accès si ce n’est par révélation divine (2), décrivant ce qui a été, ce qui sera et ce qui adviendra depuis la création du monde jusqu’à ce que les habitants du Paradis prennent place au Paradis et ceux de l’Enfer en Enfer ; exposant l’invisible des cieux et de la terre ; dévoilant toute cause — infime ou considérable — par laquelle on obtient le bonheur dans les deux demeures, ainsi que toute cause — infime ou considérable — qui conduit au malheur dans les deux demeures ; présentant les intérêts de ce monde et de l’au-delà et leurs moyens respectifs, de même que les méfaits de ce monde et de l’au-delà et leurs causes…

et cela, alors même que ses compagnons possédaient, sur la vie d’ici-bas, ses affaires, les moyens de les mener à bien et de les parfaire, un savoir plus étendu que le sien ; ils étaient en outre plus versés que lui dans le calcul, la géométrie, les divers métiers, l’agriculture, l’aménagement de la terre et l’écriture.

Si donc ce qu’il avait apporté relevait d’un savoir que l’on acquiert par l’apprentissage, la réflexion, l’observation (3) et les méthodes ordinaires qu’empruntent les hommes, ils auraient eu plus de droit que lui à y parvenir et l’auraient précédé, car les moyens par lesquels on parvient, par la seule pensée

(1) Rapporté par Muslim, nos 2361, 2362 et 2363. (2) Le manuscrit T indique : « il est impossible aux hommes de l’appréhender ». (3) Le manuscrit Q ajoute : « et le tatayyur (la superstition) », mais cette leçon est fautive.
وقد أخبر ﷺ عن نفسه الكريمة بذلك تفريقًا بين النوعين، فإنه لما سمع أصواتَهم في النَّخل وهم يؤبِّرونها ــ وهو التلقيح ــ قال: «ما هذا؟» فأخبروه بأنهم يلقِّحونها، فقال: «ما أرى لو تركتموه يضرُّ شيئًا»، فتركوه، فجاءَ شِيصًا، فقال: «إنما أخبرتكم عن ظنِّي، وأنتم أعلمُ بأمور دنياكم، ولكنْ ما أخبرتكم عن الله» (١). والحديثُ صحيحٌ مشهور، وهو من أدلَّة نبوَّته وأعلامها؛ فإنَّ من خفي عليه مثلُ هذا من أمر الدنيا وما أجرى اللهُ به عادته فيها، ثمَّ جاء من العلوم التي لا يمكنُ للبشر أن تطَّلع عليها (٢) البتَّة إلا بوحيٍ من الله، فأخبرَ عمَّا كان، وما يكون، وما هو كائنٌ من لَدُن خَلْقِ العالم إلى أن استقرَّ أهلُ الجنة في الجنة، وأهل النار في النار، وعن غيب السموات والأرض، وعن كلِّ سببٍ دقيقٍ أو جليلٍ تُنالُ به سعادةُ الدارين، وكلِّ سببٍ دقيقٍ أو جليلٍ تُنالُ به شقاوةُ الدارين، وعن مصالح الدنيا والآخرة وأسبابهما، ومفاسد الدنيا والآخرة وأسبابهما. مع كون معرفتهم بالدنيا وأمورها وأسباب حصولها ووجوه تمامها أكثرَ من معرفته، كما أنهم أعرفُ بالحساب والهندسة والصِّناعات والفِلاحة وعمارة الأرض والكتابة. فلو كان ما جاء به مما ينالُ بالتعلُّم والتفكُّر والنظر (٣) والطُّرق التي يسلُكها الناسُ لكانوا أولى به منه، وأسبقَ إليه؛ لأنَّ أسبابَ ما ينالُ بالفكرة
(١) أخرجه مسلم (٢٣٦١، ٢٣٦٢، ٢٣٦٣). (٢) (ت): «لايمكن البشر الاطلاع عليها». (٣) (ق): «والتطير». وهو تحريف.

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