Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

était dénué de tout fondement (1).
Il poursuivit : Quant au mumriḍ – celui dont les chameaux sont malades –, et au muṣiḥ – celui dont les chameaux sont sains –,
Ibn Wahb rapporte, par l’intermédiaire d’Ibn Luhayʿa, d’Abû az-Zubayr, d’après Jâbir, que l’on réprouve (2) qu’un chameau malade se mêle aux chameaux sains (3) ; cela ne repose que sur le dire des gens (4).
Il laisse ainsi entendre que cette interdiction vise à fermer la porte ouverte par le propos populaire (5) et à préserver le cœur des idées qui pourraient s’y engouffrer, du mauvais présage et du pessimisme qu’elles engendrent.
Abû ʿUbayd s’est exprimé dans le même sens : à son avis, dans le hadith où il est dit : « C’est un tort », il s’agit de l’introduction du chameau malade parmi les sains. « Le tort, explique-t-il, signifie ici le péché » (6) ; autrement dit, celui qui introduit l’animal encourt une faute pour le tort qu’il cause à autrui et pour l’avoir exposé au mauvais présage et à la superstition.
D’autres ont emprunté une voie différente et ont affirmé que les informations transmises par le Prophète ﷺ se divisent en deux catégories :

  1. Celles qu’il relate par révélation : un discours parfaitement conforme à la réalité, intérieurement et extérieurement, et donc infaillible.
  2. Celles qu’il énonce selon son opinion dans les affaires de ce monde, où ses compagnons possèdent parfois une meilleure connaissance que lui ; ces propos n’ont pas le statut de la première catégorie et n’en partagent pas les implications juridiques.
(1) Al-Tamhid, 24/200 ; et Al-Istidhkar, 27/57. (2) Dans Jamiʿ Ibn Wahb, no 629 : « Nous avions l’habitude de le réprouver ». (3) Le terme « minhā » n’apparaît ni dans Al-Tamhid, ni dans Al-Istidhkar, ni dans Jamiʿ Ibn Wahb. (4) Al-Tamhid, 24/200 ; et Al-Istidhkar, 27/57. (5) L’expression « qawl al-nās » est absente du manuscrit (T). (6) Gharīb al-Hadith, 2/223.
اعتَقَد منهم كان باطلًا (١). قال: وأمَّا المُمْرِضُ: فالذي إبلهُ مِراض، والمُصِحُّ: الذي إبلهُ صِحاح. وروى ابن وهب، عن ابن لهيعة، عن أبي الزبير، عن جابر، قال: يُكرَه (٢) أن يدخُل المريضُ على الصَّحيح منها (٣). وليس به إلا قولُ الناس (٤). فأشار إلى أن المنع من ذلك سدًّا لذريعة قول الناس (٥)، وحمايةً للقلب مما يستبقُ إليه من الأفهام ويقعُ فيه من التطيُّر والتشاؤم بذلك. وقد قال أبو عبيد قولًا قريبًا من ذلك، فقال: قوله في هذا الحديث: «إنه أذى» أي: إيرادَ المُمْرِض على المُصِحِّ. فقال: معنى الأذى عندي المأثم (٦). يعني أنَّ المُورِدَ يأثم بأذاه من أورَد عليه، وتعريضِه للتشاؤم والتطيُّر. وقد سلك بعضُهم مسلكًا آخر، فقال: ما يُخْبِرُ به النبيُّ ﷺ نوعان: أحدُهما: يخبِرُ به عن الوحي، فهذا خبرٌ مُطابِقٌ لمخبَره من جميع الوجوه، ذهنًا وخارجًا، وهو الخبرُ المعصوم. والثاني: ما يخبِرُ به عن ظنِّه من أمور الدنيا التي هم أعلمُ بها منه، فهذا ليس في رتبة النوع الأول، ولا تثبتُ له أحكامُه.
(١) «التمهيد» (٢٤/ ٢٠٠)، و «الاستذكار» (٢٧/ ٥٧). (٢) في «جامع ابن وهب» (٦٢٩): «قد كنا نكره». (٣) «منها» ليست في «التمهيد» و «الاستذكار» و «جامع ابن وهب». (٤) «التمهيد» (٢٤/ ٢٠٠)، و «الاستذكار» (٢٧/ ٥٧). (٥) «قول الناس» ليست في (ت). (٦) «غريب الحديث» (٢/ ٢٢٣).

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