ʿIkrima rapporte : « Nous étions assis auprès d’Ibn ʿAbbâs lorsqu’un oiseau passa en criant. Un homme s’écria : “Bon signe, bon signe !” Ibn ʿAbbâs répondit : “Ni bon signe ni mauvais.” (1)
Le Messager d’Allah ﷺ, quant à lui, aimait les beaux noms et les heureux présages.
Al-Riyâshî m’a raconté : al-Aṣmaʿî nous a rapporté avoir demandé à Ibn ʿAwn ce qu’était le bon présage. Il répondit : « Qu’un malade entende que l’on interpelle quelqu’un en disant : “Yā Sâlim !” (Ô sain et sauf), ou qu’une personne en quête de quelque chose entende : “Yā Wâjid !” (Ô toi qui trouves). » (2)(3)
Cela aussi fait partie de ces penchants que le Créateur a placés dans la nature humaine : on les apprécie et l’on s’y sent à l’aise, de même qu’Il a mis sur les lèvres la salutation de paix, l’ampleur dans les vœux et l’annonce de bonnes nouvelles. Ainsi dit-on : inʿam (sois comblé), waslam (demeure sauf), anʿim ṣabāḥan (belle matinée à toi) ; et, chez les Perses : « ʿish alf Nawruz » — « vis mille fêtes du Nouvel An ». (4)(5)
Celui qui entend ces paroles sait bien qu’elles n’avancent ni ne retardent rien, n’ajoutent ni ne retranchent quoi que ce soit ; mais il est dans la nature humaine d’aimer le bien, de se réjouir d’une bonne nouvelle, d’un décor agréable, d’un visage avenant ou d’un nom léger. (6)
Il arrive ainsi qu’un homme passe près d’un jardin luxuriant : la vue le réjouit alors même qu’il n’en retire aucun profit. Il s’arrête aussi devant une eau limpide, admiratif, bien qu’il n’en boive pas et ne s’y désaltère pas.