Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

« Délaissez-la (1), car elle est blâmable » (2).

Abû Muḥammad commente : « Ce propos n’annule pas le premier hadith, pas plus que le premier n’annule celui-ci. Le Prophète ﷺ leur a simplement ordonné de quitter cette maison parce qu’ils y vivaient dans l’oppression de son ombre et l’angoisse provoquée par ce qu’ils y avaient subi ; il leur a donc prescrit de déménager. Allah a en effet inscrit dans la nature humaine une aversion instinctive pour le lieu où un malheur l’a frappée, même si ce lieu n’en est pas la cause, tout comme Il a mis dans les cœurs l’affection pour celui par qui un bien leur est parvenu, même s’il ne l’avait pas voulu pour eux, et la répulsion pour celui par qui un mal les a touchés, même s’il n’en avait pas l’intention. Comment le Prophète ﷺ aurait-il pu céder à la superstition alors que la ṭiyarah (la croyance au mauvais augure) relève de la magie idolâtre (al-jibt) ? Beaucoup d’Arabes de la Jâhiliyya n’y accordaient d’ailleurs aucune valeur et louaient celui qui la rejetait. »

Puis il récita les vers que nous avons cités plus haut (3).

Il ajouta : « Isḥâq ibn Râhawayh nous a rapporté : ʿAbd ar-Razzâq nous a transmis, d’après Maʿmar, d’après Ismâʿîl ibn Abî Umayya, que le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Il est trois choses dont nul n’est totalement préservé : la superstition, le soupçon et la jalousie.” On demanda : “Quel moyen d’en sortir ?” Il répondit : “Si la superstition te traverse, ne rebrousse pas chemin ; si tu te mets à soupçonner, n’en cherche pas la confirmation ; si tu jalouses, n’outrepasse pas (ne cherche pas à nuire).” » Tels furent ses mots ou quelque chose d’approchant.

Abû Hâtim m’a encore rapporté : « Al-Aṣmaʿî nous a relaté, d’après Saʿîd ibn Salm (5), d’après … »

(1) Dans Taʼwîl mukhtalif al-ḥadîth, on lit : « Irḥalû ʿanhâ wa dharûhâ » (« Quittez-la et laissez-la »). (2) Son référencement a déjà été donné, p. 1493. (3) Voir p. 1471-1472. (4) Son référencement a déjà été donné, p. 1472. (5) Le manuscrit T et l’édition imprimée de Taʼwîl mukhtalif al-ḥadîth donnent par erreur « Muslim » ; il faut lire : Saʿîd b. Salm b. Qutayba al-Bâhilî.
«ذَرُوها (١)، وهي ذميمة» (٢). قال أبو محمد: وهذا ليس ينقضُ الحديثَ الأول، ولا الحديثُ الأولُ ينقضُ هذا، وإنما أمَرهم بالتحوُّل منها لأنهم كانوا مقيمين فيها على استثقالٍ لظلِّها، واستيحاشٍ لِمَا نالهم فيها، فأمرهم بالتحوُّل، وقد جعَل الله في غرائز الناس وتركيبهم استثقالَ ما نالهم السوءُ فيه وإن كان لا سببَ له في ذلك، وحُبَّ من جرى على يده الخيرُ لهم وإن لم يُرِدْهم به، وبغضَ من جرى على يده الشرُّ لهم وإن لم يُرِدْهم به، وكيف يتطيَّر ﷺ والطِّيَرة من الجِبْت؟! وكان كثيرٌ من الجاهليَّة لا يرونها شيئًا، ويمدحونَ من كذَّب بها». ثمَّ أنشَد ما ذكرنا من الأبيات سالفًا (٣). ثمَّ قال: حدثنا إسحاق بن راهويه: أخبرنا عبد الرزاق، عن معمر، عن إسماعيل بن أبي أمية، قال: قال رسول الله ﷺ: «ثلاثٌ لا يَسْلَمُ منهنَّ أحد: الطِّيَرة والظنُّ والحسد»، قيل: فما المخرجُ منهن؟ قال: «إذا تطيَّرتَ فلا ترجِع، وإذا ظننتَ فلا تحقِّق، وإذا حسدتَ فلا تَبْغِ» (٤). هذه الألفاظ أو نحوها. حدثني أبو حاتم، قال: حدثنا الأصمعي، عن سعيد بن سَلْم (٥)، عن
(١) «تأويل مختلف الحديث»: «ارحلوا عنها وذروها». (٢) تقدم تخريجه (ص: ١٤٩٣). (٣) (ص: ١٤٧١، ١٤٧٢). (٤) تقدم تخريجه (ص: ١٤٧٢). (٥) (ت) ومطبوعة «تأويل مختلف الحديث»: «مسلم». وهو تحريف. وهو سعيد بن سلم بن قتيبة الباهلي.

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