Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Quant à l’autre forme de contagion, il s’agit de la peste : lorsqu’elle frappe une cité, on la fuit par crainte d’être atteint.

Sahl ibn Muḥammad m’a rapporté qu’al-Aṣmaʿī lui-même tenait d’un homme de Bassora l’histoire suivante : cet homme, pour échapper à la peste, enfourcha un âne, emmena sa famille et prit la direction de Safwân (1). En chemin, il entendit derrière lui un chamelier qui chantait :
« Jamais on ne devancera Allah sur le dos d’un âne,
ni même sur une monture vive et fringante (2) ;
la mort n’advient que selon la mesure fixée :
à l’aube, Allah précède déjà le voyageur de nuit (3). »

Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Si le fléau sévit dans la ville où vous vous trouvez, n’en sortez pas », et il a dit encore : « S’il sévit dans une contrée, n’y entrez pas » (4). Par « n’en sortez pas », il signifie : n’imaginez pas qu’en fuyant le décret d’Allah vous pourrez échapper à Allah ; et par « n’y entrez pas », il veut dire que rester dans un lieu indemne est plus rassurant pour vos âmes et plus propice à vos moyens d’existence.

Il en va de même pour l’homme qui tient une femme ou une maison pour funeste : qu’un malheur ou un sinistre l’atteigne, il s’écrie : « Son mauvais augure m’a contaminé ! »

Voilà la « contagion » au sujet de laquelle le Messager d’Allah ﷺ a déclaré : « Il n’y a pas de contagion. »

(1) Source d'eau située à une étape environ de la porte al-Marbad, à Bassora ; cf. Yaqut, Muʿjam al-Buldan, t. 3, p. 225. (2) miyʿa : allure la plus vive ; al-muṭār : au cœur ferme, énergique. On peut aussi lire « muṭṭār » (mīm ouverte, ṭāʾ redoublée) signifiant « rapide à la course ». (3) Ce récit et ces deux vers sont cités dans : al-Hayawân, t. 3, p. 461 ; al-Bayân wa-t-tabyîn, t. 3, p. 278 ; al-Taʿâzî wa-l-marâthî, p. 218 ; Amâlî al-Murtadâ, t. 4, p. 112, entre autres. (4) Ces deux ḥadiths ont été rapportés par al-Bukhârî (no 3473) et Muslim (no 2218) d’après Usâma b. Zayd.
وأمَّا الجنسُ الآخرُ من العدوى، فهو الطاعون ينزلُ ببلد، فيخرجُ منه خوفَ العدوى. حدثني سهل بن محمد، قال: حدثني الأصمعي، عن بعض البصريِّين: أنه هرَب من الطاعون، فركب حمارًا، ومضى بأهله نحو سَفَوان (١)، فسمع حاديًا يحدُو خلفَه وهو يقول: لنْ يُسْبَقَ اللهُ على حمارِ ... ولا على ذي مَيْعَةٍ مُطَارِ (٢) أو يأتيَ الحتفُ على مقدارِ ... قد يُصْبِحُ اللهُ أمامَ السَّاري (٣) وقد قال رسولُ الله ﷺ: «إذا كان بالبلد الذي أنتم فيه فلا تخرُجوا منه»، وقال: «إن كان ببلدٍ فلا تدخلوه» (٤)، يريد بقوله: «لا تخرُجوا من البلد إذا كان فيه» كأنكم تظنُّون أنَّ الفرارَ من قَدَر الله ينجيكم من الله، ويريد [بقوله]: «إن كان ببلدٍ فلا تدخلوه» أنَّ مقامكم في الموضع الذي لا طاعون فيه أسكنُ لأنفسكم، وأطيبُ لمعيشتكم. ومن ذلك: المرأةُ تُعْرَفُ بالشُّؤم، أو الدار، فينالُ الرجلَ مكروهٌ أو جائحة، فيقول: أعْدَتْني بشؤمها. فهذا هو العدوى الذي قال فيه رسولُ الله ﷺ: «لا عدوى».
(١) ماءٌ على قدر مرحلة من باب المربد بالبصرة. «معجم البلدان» (٣/ ٢٢٥). (٢) الميعة: أنشطُ الجري. والمُطار: الحديد الفؤاد، الماضي. ويصح أن تقرأ بفتح الميم وتشديد الطاء، بمعنى السريع العدو. (٣) الخبر والبيتان في «الحيوان» (٣/ ٤٦١)، و «البيان والتبين» (٣/ ٢٧٨)، و «التعازي والمراثي» (٢١٨)، و «أمالي المرتضى» (٤/ ١١٢)، وغيرها. (٤) أخرجهما البخاري (٣٤٧٣)، ومسلم (٢٢١٨) من حديث أسامة بن زيد.

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