Quant à l’autre forme de contagion, il s’agit de la peste : lorsqu’elle frappe une cité, on la fuit par crainte d’être atteint.
Sahl ibn Muḥammad m’a rapporté qu’al-Aṣmaʿī lui-même tenait d’un homme de Bassora l’histoire suivante : cet homme, pour échapper à la peste, enfourcha un âne, emmena sa famille et prit la direction de Safwân (1). En chemin, il entendit derrière lui un chamelier qui chantait :
« Jamais on ne devancera Allah sur le dos d’un âne,
ni même sur une monture vive et fringante (2) ;
la mort n’advient que selon la mesure fixée :
à l’aube, Allah précède déjà le voyageur de nuit (3). »
Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Si le fléau sévit dans la ville où vous vous trouvez, n’en sortez pas », et il a dit encore : « S’il sévit dans une contrée, n’y entrez pas » (4). Par « n’en sortez pas », il signifie : n’imaginez pas qu’en fuyant le décret d’Allah vous pourrez échapper à Allah ; et par « n’y entrez pas », il veut dire que rester dans un lieu indemne est plus rassurant pour vos âmes et plus propice à vos moyens d’existence.
Il en va de même pour l’homme qui tient une femme ou une maison pour funeste : qu’un malheur ou un sinistre l’atteigne, il s’écrie : « Son mauvais augure m’a contaminé ! »
Voilà la « contagion » au sujet de laquelle le Messager d’Allah ﷺ a déclaré : « Il n’y a pas de contagion. »