Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

de présenter, en prenant de l’âge, les mêmes atteintes ; il en va de même pour celui qui souffre de sil (phtisie), de daq (marasme) ou de nuqb (1).

Les médecins, quant à eux, recommandent de ne pas s’asseoir auprès d’un lépreux ni d’un phtisique, non par crainte d’une contagion, mais parce que l’odeur altérée peut rendre malade quiconque la respire longtemps ; or les médecins sont, parmi les hommes, les plus éloignés de toute croyance au bon ou au mauvais présage (2).

De même, la nuqba qui touche le chameau — une gale humide — : si l’animal se mêle aux autres chameaux, se frotte à eux ou passe la nuit dans leurs enclos, il leur transmet, par l’humidité qui s’écoule de lui et ses sécrétions (3), quelque chose de semblable à son mal.

Tel est le sens de la parole du Messager d’Allah ﷺ : « Que celui qui possède une bête atteinte ne la conduise pas auprès d’une bête saine. » Il réprouvait que l’animal malade (4) se mêle à l’animal sain, de peur que l’humidité de ses sécrétions et ses démangeaisons ne lui transmettent quelque chose de son affection.

Certains ont pourtant avancé qu’il voulait seulement empêcher l’éleveur d’imaginer que l’atteinte ultérieure de ses chameaux proviendrait des bêtes déjà malades, de crainte qu’il ne commette un péché.

Pour ma part, je n’entrevois d’autre explication que celle que je viens de t’exposer, d’après ce que j’ai constaté de mes propres yeux (5).

(1) as-sill : affection pulmonaire qui amaigrit, épuise puis tue le malade ; ḥummā ad-diq : fièvre hectique accompagnant généralement la tuberculose ; an-nuqab : la gale. (2) Ibn al-Qayyim, Zad al-Maʿād, vol. 4, p. 130. (3) Il s’agit du « qaṭr » (le goutte-à-goutte) ; natafa al-kūz : « la cruche a laissé couler une goutte ». Voir Lisān al-ʿArab, racine n-t-f. (4) Les manuscrits portent « al-maʿtūh » (simple d’esprit), leçon fautive remplacée dans le témoin T par « al-muṣāb » (le malade). La leçon retenue suit Taʾwīl Mukhtalif al-Ḥadīth et Zad al-Maʿād. al-ʿāha désigne une atteinte ou un fléau ; ʿāha al-māl : « le bien a été frappé d’un fléau ». On dit aussi arḍun maʿyūha, maʿūh ou maʿhūha. (5) Taʾwīl Mukhtalif al-Ḥadīth lit : « Car nous voyons de nos propres yeux ce dont je t’ai informé ».
الكِبَر إليه، وكذلك من به سِلٌّ ودِقٌّ ونُقْب (١). والأطباءُ تأمرُ أن لا يجالَس المجذومُ ولا المَسْلول، ولا يريدونَ بذلك معنى العدوى، وإنما يريدون به معنى تغيُّر الرائحة، وأنها قد تُسْقِمُ من أطال اشتمامَها، والأطباءُ أبعدُ الناس من الإيمان بيُمْنٍ وشؤم (٢). وكذلك النُّقْبةُ تكونُ بالبعير ــ وهو جَرَبٌ رطب ــ، فإذا خالطَ الإبلَ أو حاكَّها وأوى في مَبارِكها أوصَل إليها بالماء الذي يسيلُ منه والنَّطْف (٣) نحوًا ممَّا به. فهذا هو المعنى الذي قال رسولُ الله ﷺ: «لا يُورِد ذو عاهةٍ على مُصِحٍّ»، كَرِه أن يخالِط المَعْيُوهُ (٤) الصحيحَ فيناله من نَطْفِه وحِكَّته نحوٌ ممَّا به. قال: وقد ذهب قومٌ إلى أنه أراد بذلك أن لا يظُنَّ أنَّ الذي نال إبلَه من ذوات العاهة، فيأثَم. وليس لهذا عندي وجهٌ إلا الذي خبَّرتُك به عِيانًا (٥).
(١) السِّل: مرضٌ يصيب الرئة يهزل صاحبه ويضنيه ويقتله. وحمَّى الدِّق: حمَّى تصاحب السِّل غالبًا. والنُّقب: الجرب. (٢) انظر: «زاد المعاد» (٤/ ١٣٠). (٣) وهو القَطْر. نَطَفَ الكوزُ: قَطَر. «اللسان» (نطف). (٤) في الأصول: «المعتوه». وهو تحريف. المعتوه: ناقص العقل. ولا موضع له هنا. وغيرت في (ط) إلى: «المصاب». والمثبت من «تأويل مختلف الحديث»، و «زاد المعاد». والعاهة: الآفة. وعاهَ المالُ: أصابته العاهة. وأرضٌ معيوهة. ويقال: مَعُوه، ومعهوه. «اللسان» (عيه). (٥) «تأويل مختلف الحديث»: «لأنا نجد الذي أخبرتك به عيانًا».

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