Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Puis vous rapportez, en sens contraire : « Qu’un malade n’approche pas d’un bien-portant » (1), et : « Fuis le lépreux comme tu fuis le lion » (2). Un lépreux vint également à lui pour lui prêter la bay‘a (serment d’allégeance) à l’islam ; le Prophète lui fit parvenir la bay‘a (3), lui ordonna de repartir (4), ne l’autorisa pas à rester (5), et il déclara : « Le mauvais présage se trouve dans la femme, la demeure et la monture » (6).

Ils disent alors : « Tout cela est disparate ; ces hadiths se contredisent. »

Abû Muḥammad répond : « Nous affirmons qu’il n’existe aucune contradiction ici ; chacun de ces textes a son propre sens, lié à un moment (7) et à une situation déterminés ; une fois replacés à leur juste place, toute opposition disparaît. »

La contagion se divise en deux catégories :

  1. La contagion de la lèpre : l’odeur du lépreux (8) devient si forte qu’elle rend malade quiconque reste longtemps à ses côtés ou partage son repas. Il en va de même pour l’épouse d’un lépreux : partageant la même couche, elle reçoit le préjudice et, parfois, contracte la lèpre. Quant à ses enfants, ils risquent eux aussi d’être atteints et
(1) Rapporté par Abû ‘Ubayd, Gh arîb al-Hadîth, 2/221, sous forme mursala d’après Abû al-Malîḥ ; le même propos a déjà été cité avec la formulation : « la yuridu mumridun ‘alâ muṣiḥ », qui figure dans le Ṣaḥîḥ. (2) Sa source a déjà été donnée, p. 1511. (3) Dans Taʾwîl Mukhtalif al-Hadîth la leçon est : « bil-bay‘a ». (4) Voir la référence fournie p. 1511. (5) Taʾwîl Mukhtalif al-Hadîth donne : « wa lam yaʾdhan lahu ‘alayh ». (6) Référence déjà établie, p. 1493. (7) Les manuscrits portent « fîhâ waqt » ; l’édition (T), ainsi que Taʾwîl Mukhtalif al-Hadîth et Zâd al-Ma‘âd, 4/151, lisent : « wa likulli ma‘nâ minhâ waqt » (« chacun de ces sens a son moment »). (8) Les manuscrits donnent par erreur « al-judhâm » ; la leçon correcte est adoptée d’après Taʾwîl Mukhtalif al-Hadîth et Zâd al-Ma‘âd.
ثمَّ رويتم في خلاف ذلك: «لا يُورِد ذو عاهةٍ على مُصِحٍّ» (١)، و «فِرَّ من المجذوم فرارَك من الأسد» (٢)، وأتاه رجلٌ مجذومٌ ليبايعَه بيعةَ الإسلام، فأرسلَ إليه البيعة (٣)، وأمره بالانصراف (٤)، ولم يأذن له (٥)، وقال: «الشُّؤم في المرأة والدَّار والدابَّة» (٦). قالوا: وهذا كلُّه مختلفٌ لا يُشْبِهُ بعضُه بعضًا. قال أبو محمد: ونحن نقول: إنه ليس في هذا اختلاف، ولكلِّ واحدٍ معنى في وقتٍ (٧) وموضع، فإذا وُضِعَ موضعَه زال الاختلاف. والعدوى جنسان: أحدهما: عدوى الجُذام؛ فإنَّ المجذوم (٨) تشتدُّ رائحتُه حتى يُسْقِمَ من أطال مجالستَه ومؤاكلتَه، وكذا المرأة تكونُ تحت المجذوم فتضاجعُه في شعارٍ واحد، فيوصِلُ إليها الأذى، وربَّما جُذِمَت، وكذلك ولدُه ينزِعون في
(١) أخرجه أبو عبيد في «غريب الحديث» (٢/ ٢٢١) من مرسل أبي المليح. وتقدم بلفظ: «لا يورد ممرض على مصح»، وهو في «الصحيح». (٢) تقدم تخريجه (ص: ١٥١١). (٣) «تأويل مختلف الحديث»: «بالبيعة». (٤) تقدم تخريجه (ص: ١٥١١). (٥) «تأويل مختلف الحديث»: «ولم يأذن له عليه». (٦) تقدم تخريجه (ص: ١٤٩٣). (٧) في الأصول: «فيها وقت». والمثبت من (ط). وفي «تأويل مختلف الحديث» و «زاد المعاد» (٤/ ١٥١): «ولكل معنى منها وقت». (٨) في الأصول: «الجذام». وهو خطأ. والمثبت من «تأويل مختلف الحديث» و «زاد المعاد».

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