Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Abû Hurayra ne fut donc pas seul à rapporter cette parole du Prophète ﷺ ; les Compagnons que nous avons nommés l’ont également transmise.

Quant à l’énoncé : « Qu’un malade ne s’approche pas d’un bien-portant », il est lui aussi authentique et fermement établi de la part du Messager ﷺ.

Les deux hadiths sont donc sûrs ; il n’existe entre eux, louange à Allah, ni abrogation ni opposition : chacun a simplement sa portée propre.

Or les adversaires de la sunna ont attaqué les spécialistes du hadith en disant : « Ils rapportent des traditions qui s’annulent les unes les autres, puis les proclament authentiques, y compris celles qui contredisent la raison. »

Les partisans de la sunna se sont donc mobilisés pour leur répondre, pour lever tout apparent conflit entre les hadiths authentiques et pour démontrer leur parfaite concordance avec la raison.

Abû Muḥammad Ibn Qutayba déclare ainsi dans son ouvrage « Moukhtalif al-ḥadîth » (1) :

« Ils prétendent qu’il existe deux hadiths contradictoires.

Ils disent : vous rapportez que l’Envoyé d’Allah ﷺ a affirmé : « Il n’y a ni contagion ni présage funeste (ṭiyara) », puis qu’on lui fit remarquer : “La gale apparaît d’abord sur la lèvre d’un chameau (2), et c’est ainsi que tous les chameaux deviennent galeux”, et qu’il répondit : « Qu’est-ce qui a donc contaminé le premier ? » (3) — ou des paroles de sens équivalent. »

(1) (80-84). (2) Nuqba : premier signe visible de la gale ; pluriel : nuqb. Voir Ibn al-Athir, al-Nihaya, art. « nuqb ». (3) Rapporté par Ahmad, 2/327 ; Abu Ya‘la, nº 6112, et d’autres, selon la chaîne d’Abu Zur‘a d’après Abu Hurayra. Déclaré authentique par Ibn Hibban, nº 6119. Une variante où Abu Zur‘a rapporte, par l’intermédiaire d’un compagnon, d’après Ibn Mas‘ud est transmise par Ahmad, 1/440. Abu Hatim commente dans al-‘Ilal, 2/272 : « Cette version est la plus correcte. » Voir aussi : Tarikh Yahya ibn Ma‘in, 3/571 (tradition d’al-Duri).
ولم يتفرَّد أبو هريرة بروايته عن النبيِّ ﷺ، بل رواه معه من الصحابة من ذكرناه. وقوله: «لا يُورِدُ مُمْرِضٌ على مُصِحٍّ» صحيحٌ أيضًا، ثابتٌ عنه ﷺ. فالحديثان صحيحان، ولا نسخَ ولا تعارضَ بينهما بحمد الله، بل كلٌّ منهما له وجه. وقد طعَن أعداءُ السنَّة في أهل الحديث، وقالوا: يروُونَ الأحاديثَ التي ينقضُ بعضُها بعضًا ثمَّ يصحِّحونها، والأحاديث التي تخالفُ العقل. فانتدبَ أنصارُ السنة للردِّ عليهم، ونفي التعارض عن الأحاديث الصحيحة، وبيان موافقتها للعقل. قال أبو محمد بن قتيبة في كتاب «مختلف الحديث» (١) له: «قالوا: حديثان متناقضان. قالوا: رويتم عن رسول الله ﷺ أنه قال: «لا عدوى ولا طِيَرة»، وأنه قيل له: إنَّ النُّقْبةَ تقعُ بمِشْفَر البعير (٢)، فتَجْرَبُ لذلك الإبل، فقال: «فما أعدى الأول؟» (٣) هذا أو معناه.
(١) (٨٠ - ٨٤). (٢) النُّقبة: أول شيء يظهر من الجرب. وجمعها: نُقْب. «النهاية» (نقب). (٣) أخرجه أحمد (٢/ ٣٢٧)، وأبو يعلى (٦١١٢)، وغيرهما، من حديث أبي زرعة عن أبي هريرة. وصححه ابن حبان (٦١١٩). وروي عن أبي زرعة عن صاحب له عن ابن مسعود. أخرجه أحمد (١/ ٤٤٠). قال أبو حاتم في «العلل» (٢/ ٢٧٢): «وهو أشبه بالصواب». وانظر: «تاريخ يحيى بن معين» (٣/ ٥٧١ - رواية الدوري).

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