Abû Hurayra ne fut donc pas seul à rapporter cette parole du Prophète ﷺ ; les Compagnons que nous avons nommés l’ont également transmise.
Quant à l’énoncé : « Qu’un malade ne s’approche pas d’un bien-portant », il est lui aussi authentique et fermement établi de la part du Messager ﷺ.
Les deux hadiths sont donc sûrs ; il n’existe entre eux, louange à Allah, ni abrogation ni opposition : chacun a simplement sa portée propre.
Or les adversaires de la sunna ont attaqué les spécialistes du hadith en disant : « Ils rapportent des traditions qui s’annulent les unes les autres, puis les proclament authentiques, y compris celles qui contredisent la raison. »
Les partisans de la sunna se sont donc mobilisés pour leur répondre, pour lever tout apparent conflit entre les hadiths authentiques et pour démontrer leur parfaite concordance avec la raison.
Abû Muḥammad Ibn Qutayba déclare ainsi dans son ouvrage « Moukhtalif al-ḥadîth » (1) :
« Ils prétendent qu’il existe deux hadiths contradictoires.
Ils disent : vous rapportez que l’Envoyé d’Allah ﷺ a affirmé : « Il n’y a ni contagion ni présage funeste (ṭiyara) », puis qu’on lui fit remarquer : “La gale apparaît d’abord sur la lèvre d’un chameau (2), et c’est ainsi que tous les chameaux deviennent galeux”, et qu’il répondit : « Qu’est-ce qui a donc contaminé le premier ? » (3) — ou des paroles de sens équivalent. »