Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Un autre groupe – parmi lesquels Ibn al-Aʿrabi – affirme que le terme procède de l’expression « ishtamattat » (1) employée pour les chameaux lorsqu’ils deviennent beaux et gras.

D’autres encore estiment que la formule « tu as shammatté l’éternueur » signifie : « tu as écarté de lui la shamâta (2) », c’est-à-dire la joie malveillante qu’éprouve autrui face au malheur d’un frère. On dit de même : « marraḍtu l’invalide », c’est-à-dire : « je me suis occupé de lui jusqu’à ce que sa maladie disparaisse » ; ou encore : « qadhaytu son œil », « j’ai ôté la paille qui le gênait ». De la sorte, lorsqu’on invoque la miséricorde pour l’éternueur, on vise à lever de lui toute shamâta.

On cite à ce propos ces vers :
« Quel mal aurait donc causé à mon veilleur, du haut de ses paupières,
s’il avait, d’une main bienfaisante, soigné celui qu’il avait d’abord fait souffrir ? » (3)

C’est l’opinion défendue également par Thaʿlab (4).

En somme, tirer un mauvais présage de l’éternuement (5) relève des pratiques de l’époque antéislamique de l’Ignorance, qu’Islam a abolies (6). Le Prophète ﷺ a même déclaré qu’Allah aime l’éternuement, ainsi qu’il est rapporté dans le Sahîh

(1) Les manuscrits T et D portent «ashmat», forme altérée. Ibn al-Aʿrabi précise que l’ishtimāt désigne le début de l’engraissement ; des chameaux devenus gras sont dits mushtamitta. Voir al-Takmila, racine sh-m-t. (2) Du passage «il provient de leur expression…» jusqu’ici, le manuscrit Q est lacunaire. (3) Le caractère artificiel de ce vers est manifeste ; je ne l’ai trouvé dans aucune autre source. (4) Voir : al-Bayān wa-t-taḥṣīl 17/141 ; al-Istidhkār 27/169 ; al-Tamhīd 17/334 ; repris par Ibn al-Jawzī, Gharīb al-ḥadīth 1/560 ; et Kashf al-mushkil 1/273. (5) Le manuscrit T lit : «at-taṭayyur bi-l-ʿaṭas» (tenir l’éternuement pour un mauvais présage). (6) En marge du manuscrit Q figure une note autographe de Nuʿmān al-Ālūsī : «Je remarque quelque chose d’analogue chez les Rāfiḍites : ils voient un bon augure dans deux éternuements et un mauvais dans un seul. Ainsi, si, sur le point d’agir, quelqu’un — lui-même ou un tiers — éternue une fois, il renonce ; deux fois, il poursuit. Ce procédé rappelle leur recours au chapelet pour obtenir un signe.»
وقالت طائفة منهم ابنُ الأعرابي: هو من قولهم: اشْتَمَتَتْ (١) الإبلُ، إذا حَسُنَت وسَمِنت. وقالت فرقةٌ أخرى: معنى «شمَّتَّ العاطس»: أزلتَ عنه الشَّماتة (٢). يقال: مرَّضت العليل، أي: قُمت عليه ليزول مرضُه. ومثلُه: قذَّيت عينه، أزلت قذاها. فكأنه لما دعا له بالرحمة قد قصَد إزالةَ الشَّماتة عنه. ويُنْشَدُ في ذلك: ما كان ضرَّ المُمْرِضِي بجفونه ... لو كان مرَّضَ مُنْعِمًا مَن أَمْرَضا (٣) وإلى هذا ذهب ثعلب (٤). والمقصود: أنَّ التطيُّر من العُطاس (٥) مِن فعل الجاهلية الذي أبطلَه الإسلام (٦)، وأخبر النبيُّ ﷺ أنَّ الله يحبُّ العطاس، كما في «صحيح
(١) (ت، د): «اشمت». تحريف. قال ابن الأعرابي: الاشتمات أول السِّمَن، وإبلٌ مشتمتة، إذا كانت كذلك. «التكملة» (شمت). (٢) من قوله: «هو من قولهم» إلى هنا ساقط من (ق). (٣) أثر الصنعة على البيت لائح، ولم أجده في مصدرٍ آخر. (٤) انظر: «البيان والتحصيل» (١٧/ ١٤١)، و «الاستذكار» (٢٧/ ١٦٩)، و «التمهيد» (١٧/ ٣٣٤)، وعنه ابن الجوزي في «غريب الحديث» (١/ ٥٦٠)، و «كشف المشكل» (١/ ٢٧٣). (٥) (ت): «التطير بالعطاس». (٦) في طرة (ق) حاشية بخط نعمان الآلوسي: «أقول: وشبيه هذا ما يعتقده الرافضة من التفاؤل بالعطستين والتشاؤم بالعطسة الواحدة، فإذا همَّ بفعلٍ فعطس هو أو غيره مرَّةً فإنه لا يمضي على فعله، أو مرَّتين فإنه يفعل، وهذا كاستخارتهم بالسبحة».

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