Un autre groupe – parmi lesquels Ibn al-Aʿrabi – affirme que le terme procède de l’expression « ishtamattat » (1) employée pour les chameaux lorsqu’ils deviennent beaux et gras.
D’autres encore estiment que la formule « tu as shammatté l’éternueur » signifie : « tu as écarté de lui la shamâta (2) », c’est-à-dire la joie malveillante qu’éprouve autrui face au malheur d’un frère. On dit de même : « marraḍtu l’invalide », c’est-à-dire : « je me suis occupé de lui jusqu’à ce que sa maladie disparaisse » ; ou encore : « qadhaytu son œil », « j’ai ôté la paille qui le gênait ». De la sorte, lorsqu’on invoque la miséricorde pour l’éternueur, on vise à lever de lui toute shamâta.
On cite à ce propos ces vers :
« Quel mal aurait donc causé à mon veilleur, du haut de ses paupières,
s’il avait, d’une main bienfaisante, soigné celui qu’il avait d’abord fait souffrir ? » (3)
C’est l’opinion défendue également par Thaʿlab (4).
En somme, tirer un mauvais présage de l’éternuement (5) relève des pratiques de l’époque antéislamique de l’Ignorance, qu’Islam a abolies (6). Le Prophète ﷺ a même déclaré qu’Allah aime l’éternuement, ainsi qu’il est rapporté dans le Sahîh