ce qui fait momentanément perdre à l’éternueur sa tenue. Lorsqu’à ce moment l’assistant lui dit : « Qu’Allah te fasse miséricorde », il invoque en réalité pour qu’Allah le ramène à sa prestance et à son allure premières (1).
Quant au terme tashmît – écrit avec le shîn pointé –, un groupe de linguistes, dont Ibn al-Sikkît, soutient qu’il a exactement le même sens que tasmît et que l’on se trouve devant deux variantes d’un même mot. Il le signale dans son ouvrage « Al-Qalb wa-l-Ibdâl » (2), sans préciser laquelle des deux formes est originelle et laquelle est secondaire.
Abû ʿAlî al-Fârisî affirme au contraire que la forme avec le sîn non pointé est la racine du terme, tandis que la forme avec le shîn pointé n’en est qu’une substitution. Il étaye son propos en rappelant que la personne qui éternue se hérisse et que les traits de son visage se modifient ; l’invocation en sa faveur revient donc à la rétablir dans sa dignité et dans son apparence normale (3).
Son disciple Ibn Jinnî (4) objecte que, si l’on faisait de la forme avec le shîn pointé l’originelle en la rattachant au mot shawâmit – c’est-à-dire les membres porteurs, les jambes –, l’explication resterait valable : ce sont en effet les jambes qui soutiennent le cheval et semblables montures, elles sont leur protection et leur charpente. Lorsque l’on prie pour l’éternueur, c’est donc comme si l’on le redressait, l’on affermissait son état et l’on consolidait ses appuis.
Il cite à l’appui ces vers du poète al-Nâbigha (5) :
« Soumis aux shawâmit, par crainte et par froid » (6).