est un bienfait qu’Il accorde, en sorte que Son serviteur se doit de Le louer pour cette grâce. D’après le hadith remontant au Prophète (1) : « Allah aime l’éternuement et Il déteste le bâillement. »
L’éternuement est en effet un air comprimé (2) qui s’expulse, libérant les obstructions du foie ; chez le malade, il constitue un signe favorable (3), annonçant l’allègement d’une partie de son mal. Dans certaines affections, on administre même des produits qui font éternuer le patient ; on en fait alors un procédé thérapeutique et un adjuvant au traitement (4). Ce bienfait supplémentaire s’ajoute à ce que le Législateur a aimé dans l’éternuement ; Il a prescrit que l’on loue Allah à ce propos et que l’on invoque pour celui qui a éternué et rendu grâce à Allah (5).
C’est pourquoi – et Allah sait mieux – on emploie les deux formes : « on l’a tashmîté » quand on lui dit : « Qu’Allah te fasse miséricorde », et « on l’a tasmîté », le mot pouvant se prononcer avec le chîn pointé ou le sîn non pointé ; les deux lectures se trouvent dans le hadith.
Quant au terme tasmît – avec le sîn non pointé – il dérive de samt, qui désigne la belle prestance et la dignité ; on dit ainsi : « Untel a un beau samt. »
Dire : « Tu as tasmîté l’éternueur » signifie donc que tu l’as honoré, respecté et que tu t’es comporté envers lui selon l’éthique voulue par Allah et Son Messager, en priant pour lui, et non selon les usages de la jāhiliyya qui consistaient à maudire l’éternueur, à voir en lui un mauvais présage et à se montrer superstitieux à son sujet.
Selon une autre explication, « tu l’as tasmîté » veut dire : tu as invoqué pour qu’Allah le ramène à l’état de calme, de dignité et de quiétude des membres qui le caractérisait avant l’éternuement, car celui-ci provoque chez le corps une certaine agitation et un trouble des membres.