car l’invocation de miséricorde en sa faveur est un bienfait ; or ne la mérite point celui qui ne loue pas Allah, ne Le remercie pas pour cette grâce et ne s’inspire pas de son père Adam. En effet, lorsque l’âme fut insufflée en Adam et qu’elle atteignit ses narines, il éternua ; son Seigneur – glorifié soit-Il – l’inspira alors de proclamer Sa louange, et il dit : « Louange à Allah. » Allah, le Très-Haut, lui répondit : « Qu’Allah te fasse miséricorde, ô Adam » (1).
Cette parole devint dès lors la sunna de l’éternueur (2) ; ainsi, celui qui ne loue pas Allah n’a aucun droit à cette prière.
Du reste, comme cette parole fut prononcée par Adam avant que ne lui survienne l’épreuve qu’il connut, son issue finale fut la miséricorde ; ce qui lui advint ne fut qu’accidentel et s’effaça, car la miséricorde a précédé la sanction et dominé la colère.
Par ailleurs, si l’éternueur a reçu l’ordre de louer Allah quand il éternue, c’est parce qu’à l’époque de la jāhiliyya on tenait l’éternuement pour une maladie : chacun le redoutait, souhaitant qu’il ne se produise pas tant il l’associait au mauvais présage. L’éternueur se retenait donc de toutes ses forces pour ne pas éternuer, conformément à la croyance ignorante qui prévalait alors.
C’est pourquoi – et Allah sait mieux – ils ont formé son nom sur le même schème que celui des affections, tels zūkām (le rhume), su‘āl (la toux), duwār (le vertige), suhām (la pleurésie) (3) et d’autres encore ; on leur fit ainsi savoir qu’il ne s’agissait pas d’un mal, mais d’une chose qu’Allah aime, et il