Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Et puisque maudire l’éternueur relève de l’injustice et de l’abus, la Loi a institué, à la place, une invocation exprimée sous le signe de la miséricorde, à l’opposé de toute injustice. L’éternueur est, de son côté, invité à prier pour celui qui l’entend et à le gratifier, en guise de tachmīt, d’une supplication de pardon, de guidée et de bon rétablissement ; il dira ainsi : « Qu’Allah nous pardonne, à nous et à vous » (1), ou : « Qu’Allah vous guide et mette bon ordre à vos affaires » (2).

Quant à la prière pour la guidée, c’est que l’intéressé a déjà été conduit à obéir au Messager ﷺ et s’est détourné des pratiques de la jāhiliyya ; on implore donc pour lui qu’Allah l’y affermisse et le guide pleinement dans cette voie.

De même, l’invocation pour le bon rétablissement de son état (islâḥ al-bāl) – expression qui englobe la rectification de l’ensemble de ses affaires – vient rétribuer la miséricorde qu’il a souhaitée à son frère ; il était donc approprié de le rémunérer par cette prière globale pour l’amélioration de sa condition.

Quant à la demande de pardon, elle est formulée de manière à inclure aussi bien l’éternueur que celui qui répond, comme dans la phrase : « Qu’Allah nous pardonne, à nous et à vous », afin que la combinaison de l’invocation de l’éternueur et de celle de son interlocuteur leur vaille à tous deux, ensemble, le pardon et la miséricorde.

Que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur Celui qu’Il a envoyé pour le bien de la vie présente et de la vie future.

C’est pour cette raison – et Allah sait mieux – qu’il n’a pas été prescrit de procéder au tachmīt de celui qui n’a pas loué Allah (3) ; car

(1) Ce récit est transmis par des ḥadiths marfu‘ (attribués au Prophète), dont aucun n’est authentique, mais il est confirmé, à l’état mawqûf, d’après plusieurs Compagnons. Voir : al-Mustadrak, 4/266-267 ; ‘Amal al-yawm wa-l-layla d’an-Nasâʾî, nos 212, 324, 225, 229 ; ‘Ilal Ibn Abî Ḥâtim, 2/243 ; ‘Ilal ad-Dâraqutnî, 5/334. (2) Rapporté par al-Bukhârî (nº 6224) d’après Abû Hurayra ; c’est le hadith le plus solide sur la formule de tashmît (la prière pour celui qui éternue). (3) Les savants divergent sur l’opportunité de rappeler à l’éternueur de prononcer al-ḥamdu lillâh. L’auteur penche pour la non-rappel, le Prophète ﷺ n’ayant pas incité celui qui ne l’avait pas fait. Voir : Zâd al-ma‘âd, 2/442 ; ‘Aridat al-Aḥwadhi, 10/205 ; Fatḥ al-bârî, 10/611.
ولما كان الدعاءُ على العاطس نوعًا من الظُّلم والبغي جُعِلَ الدعاءُ له بلفظ الرحمة المنافي للظُّلم، وأُمِرَ العاطسُ أن يدعو لسامعه ويُشَمِّته بالمغفرة والهداية وإصلاح البال، فيقول: «يغفرُ الله لنا ولكم» (١)، أو: «يهديكم الله ويصلح بالكم» (٢). فأما الدعاء بالهداية، فلِمَا أنه اهتدى إلى طاعة الرسول ﷺ، ورَغِبَ عمَّا كان عليه أهلُ الجاهلية، فدعا له أن يثبِّته الله عليها، ويهديه إليها. وكذلك الدعاء بإصلاح البال، وهي حكمةٌ جامعةٌ لصلاح شأنه كلِّه، وهي من باب الجزاء على دعائه لأخيه بالرحمة، فناسبَ بأن يجازيه بالدعاء له بإصلاح البال. وأمَّا الدعاء بالمغفرة، فجاء بلفظٍ يشملُ العاطسَ والمشمِّت، كقوله: «يغفرُ الله لنا ولكم»، ليتحصَّل من مجموع دعوتَي العاطس والمشمِّت لهما المغفرةُ والرحمةُ معًا. فصلواتُ الله وسلامه على المبعوث بصلاح الدنيا والآخرة. ولأجل هذا ــ والله أعلم ــ لم يُؤمَر بتشميت من لم يحمد الله (٣)؛ فإن
(١) ورد هذا في أحاديث مرفوعة لا يثبتُ منها شيء، وصحَّ عن غير واحدٍ من الصحابة موقوفًا. انظر: «المستدرك» (٤/ ٢٦٦، ٢٦٧)، و «عمل اليوم والليلة» للنسائي (٢١٢، ٣٢٤، ٢٢٥، ٢٢٩)، و «علل ابن أبي حاتم» (٢/ ٢٤٣)، و «علل الدارقطني» (٥/ ٣٣٤). (٢) أخرجه البخاري (٦٢٢٤) من حديث أبي هريرة. وهو أحسن وأصحُّ ما ورد في باب تشميت العاطس. (٣) واختلفوا: هل يستحبُّ لمن عنده أن يذكِّره بالحمد؟ مال المصنف إلى عدم تذكيره؛ لأن النبي ﷺ لم يذكِّر الذي عطس ولم يحمد الله. انظر: «زاد المعاد» (٢/ ٤٤٢)، و «عارضة الأحوذي» (١٠/ ٢٠٥)، و «الفتح» (١٠/ ٦١١).

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