qu’Il est plus Miséricordieux envers Ses serviteurs qu’une mère ne l’est envers son enfant, et que cette « brisure » même constitue Sa miséricorde, Sa bienveillance et Sa douceur ; qu’Il connaît mieux que le serviteur ce qui lui est bénéfique, tandis que, faute de clairvoyance et de connaissance des Noms et Attributs de son Seigneur, le serviteur s’en aperçoit à peine. Nul n’obtient donc l’agrément du Bien-Aimé, ni Sa proximité, ni la jubilation et l’allégresse de se tenir près de Lui et d’être admis en Sa présence, sinon en empruntant le pont de l’humilité et de l’indigence spirituelle. C’est sur ce principe que repose toute la dynamique de l’amour ; il n’existe pas d’autre voie pour atteindre le Bien-Aimé. Comme on l’a dit (1) :
Humilie-toi devant celui que tu chéris afin d’obtenir sa proximité ;
combien d’honneurs un serviteur a-t-il gagnés grâce à l’abaissement !
Si celui que tu aimes est illustre et que tu ne sois pas humble envers lui,
adresse tes adieux à l’union.
Un autre a dit :
Soumets-toi, fais-toi petit devant celui que tu aimes ;
la Loi de la passion n’admet pas qu’on relève fièrement le nez (2).
Un autre encore a dit :
Jamais une âme hautaine n’a goûté la joie de la rencontre ;
la véritable noblesse n’est autre que son humilité et sa brisure (3).
Ils ont ajouté : et puisqu’il est établi qu’Iblis fut chassé du domaine de l’honneur dès qu’il refusa et s’enorgueillit de