Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

qu’Il est plus Miséricordieux envers Ses serviteurs qu’une mère ne l’est envers son enfant, et que cette « brisure » même constitue Sa miséricorde, Sa bienveillance et Sa douceur ; qu’Il connaît mieux que le serviteur ce qui lui est bénéfique, tandis que, faute de clairvoyance et de connaissance des Noms et Attributs de son Seigneur, le serviteur s’en aperçoit à peine. Nul n’obtient donc l’agrément du Bien-Aimé, ni Sa proximité, ni la jubilation et l’allégresse de se tenir près de Lui et d’être admis en Sa présence, sinon en empruntant le pont de l’humilité et de l’indigence spirituelle. C’est sur ce principe que repose toute la dynamique de l’amour ; il n’existe pas d’autre voie pour atteindre le Bien-Aimé. Comme on l’a dit (1) :

Humilie-toi devant celui que tu chéris afin d’obtenir sa proximité ;
combien d’honneurs un serviteur a-t-il gagnés grâce à l’abaissement !
Si celui que tu aimes est illustre et que tu ne sois pas humble envers lui,
adresse tes adieux à l’union.

Un autre a dit :

Soumets-toi, fais-toi petit devant celui que tu aimes ;
la Loi de la passion n’admet pas qu’on relève fièrement le nez (2).

Un autre encore a dit :

Jamais une âme hautaine n’a goûté la joie de la rencontre ;
la véritable noblesse n’est autre que son humilité et sa brisure (3).

Ils ont ajouté : et puisqu’il est établi qu’Iblis fut chassé du domaine de l’honneur dès qu’il refusa et s’enorgueillit de

(1) Ces deux vers sont de Hasan ibn Muhammad ibn al-Sabbah al-Za‘farani, l’un des maîtres d’al-Bukhari ; son dîwân est signalé (m. 260 H) dans Ma‘jam ashab al-Sadfi, p. 84. – Le premier vers est par ailleurs attribué à ‘Aliyya bint al-Mahdi dans Les poésies des enfants des califes, al-Awraq d’al-Suli, p. 75, et figure sans attribution dans Al-Mudhakara fi alqab al-shu‘ara’, p. 168, ainsi que dans Al-Wadih al-mubin, p. 105. (2) Cette formule a été improvisée par Abu Turab Hibat Allah ibn al-Sariji, d’après Bada’i‘ al-bada’i‘, p. 9. (3) Le mètre rappelle celui de l’auteur, mais il ne le cite pas dans le chapitre qu’il consacre à ce sujet dans Rawdat al-muhibbin, p. 328 ; cf. également Tariq al-hijratayn, p. 109.
بعباده من الوالدة بولدها، وأن ذلك الكسرَ هو نفسُ رحمته به وبرِّه ولطفه، وهو أعلمُ بمصلحة عبده منه، ولكنَّ العبدَ لضعف بصيرته ومعرفته بأسماء ربه وصفاته لا يكادُ يشعرُ بذلك، ولا يُنالُ رضا المحبوب وقربُه والابتهاجُ والفرحُ بالدُّنوِّ منه والزلفى لديه إلا على جسرٍ من الذُّل والمسكنة، وعلى هذا قام أمرُ المحبة، فلا سبيل إلى الوصول إلى المحبوب إلا بذلك، كما قيل (١): تَذلَّلْ لمن تَهْوى لِتَحْظى بِقُرْبِه ... فكم عِزَّةٍ قد نالها العبدُ بالذُّلِّ إذا كان من تهوى عزيزًا ولم تكن ... ذليلًا له فاقْرَ السَّلامَ على الوَصْل وقال آخر: اخْضَعْ وذِلَّ لمن تحبُّ فليس في ... شرعِ الهوى أنفٌ يُشَالُ ويُعْقَدُ (٢) وقال آخر: وما فَرِحَتْ بالوصل نفسٌ عزيزةٌ ... وما العِزُّ إلا ذُلُّها وانكسارُها (٣) قالوا: وإذا عُلم أنَّ إبليس أُهبِط من دار العزِّ عقبَ امتناعه وإبائه من
(١) البيتان للحسن بن محمد بن الصباح الزعفراني، من شيوخ البخاري، وله ديوان شعر (ت: ٢٦٠) في "معجم أصحاب الصدفي" (٨٤). والأول لعليَّة بنت المهدي في أشعار أولاد الخلفاء من "الأوراق" للصولي (٧٥)، ودون نسبة في "المذاكرة في ألقاب الشعراء" (١٦٨)، و"الواضح المبين" (١٠٥). (٢) قاله أبو تراب هبة الله بن السريجي، على البديهة، في "بدائع البدائه" (٩). (٣) يشبه نظم المصنف، ولم يذكره في الفصل الذي عقده لهذا المعنى في "روضة المحبين" (٣٢٨). وانظر: "طريق الهجرتين" (١٠٩).

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