Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Quant à ceux qui placent leur confiance en Allah, qui Lui remettent entièrement leurs affaires et Le connaissent, Lui ainsi que Ses ordres, leurs âmes sont plus nobles que de telles superstitions, leurs aspirations plus hautes. La foi qu’ils mettent en Allah et la bonne opinion qu’ils ont de Lui leur tiennent lieu de provision, de force et de bouclier contre les sinistres présages dont s’effraient les superstitieux et qu’appréhendent les pessimistes. Ils savent qu’il n’est d’augure que celui qu’Il décrète, qu’il n’est de bien que le Sien, et qu’il n’est point de divinité en dehors de Lui. N’est-ce pas à Lui qu’appartiennent la création et le commandement ? Qu’Il soit exalté, Allah, Seigneur des mondes.

Section

Parmi les signes dont les Arabes de la jāhiliyya tiraient un mauvais présage figurait l’éternuement (1), tout comme ils se laissaient impressionner par les bāriḥ et les sawāniḥ.

Rūba b. al-ʿAjjāj, décrivant une vaste steppe, a dit :
« Je l’ai franchie sans redouter l’éternuement. » (2)

Et Imruʾ al-Qays (3) a déclaré :
« J’avais coutume de partir dès l’aube, avant l’éternuement, monté sur un coursier
à la hanche robuste, solidement sanglé. »

Il voulait dire (4) qu’il se levait pour la chasse avant que les gens ne sortent de leur sommeil, afin de ne pas entendre

(1) Voir : al-Maʿani al-kabir, p. 271 et 1185 ; Jumharat al-lugha, p. 835 ; al-Azmina wa-l-amkina, t. 2, p. 352 ; al-ʿUmda, d’Ibn Rachiq, p. 1032. (2) Telle est la leçon des manuscrits, mais je ne l’ai pas retrouvée. Le vers le plus connu à ce sujet est : « wa-la ubali al-lajama l-ʿatusa » (je ne redoute pas les traits acérés de l’éternuement). Voir son Dîwân, p. 71 ; Tahdhib al-lugha, t. 2, p. 65 et t. 11, p. 103 ; al-ʿAbab, art. ʿaṭasa ; al-Maʿani al-kabir ; Khizanat al-adab, t. 2, p. 279. Les versions divergent. (3) Dîwân, p. 172. (4) Ms T : « ay ».
وأمَّا المتوكِّلون على الله، المفوِّضون إليه، العالمون به وبأمره، فنفوسُهم أشرفُ من ذلك، وهممُهم أعلى، وثقتُهم بالله وحسنُ ظنِّهم به عُدَّةٌ لهم وقوَّةٌ وجُنَّة مما يتطيَّر به المتطيِّرون، ويتشاءمُ به المتشائمون، عالمون أنه لا طيرَ إلا طيرُه، ولا خيرَ إلا خيرُه، ولا إلهَ غيرُه، ألا له الخلقُ والأمر، تبارك الله ربُّ العالمين. فصل ومما كان الجاهليةُ يتطيَّرون به ويتشاءمون منه: العُطاس (١)، كما يتشاءمون بالبَوارِح والسَّوانِح. قال رؤبة بن العجَّاج يصف فلاةً: * قطعتُها ولا أهابُ العُطاسا * (٢) وقال امرؤ القيس (٣): وقد أغتدي قبل العُطاسِ بهيكلٍ ... شديدِ مَشَكِّ الجَنْبِ فَعْمِ المُنَطَّق أراد (٤) أنه كان ينتبهُ للصَّيد قبل أن ينتبه الناسُ من نومهم؛ لئلَّا يسمَع
(١) انظر: «المعاني الكبير» (٢٧١، ١١٨٥)، و «جمهرة اللغة» (٨٣٥)، و «الأزمنة والأمكنة» (٢/ ٣٥٢)، و «العمدة» لابن رشيق (١٠٣٢). (٢) كذا في الأصول. ولم أجده. والمشهور في هذا الباب قوله: * ولا أبالي اللَّجَم العَطُوسا * انظر: ديوانه (٧١)، و «تهذيب اللغة» (٢/ ٦٥، ١١/ ١٠٣)، و «العباب» (عطس)، و «المعاني الكبير»، و «خزانة الأدب» (٢/ ٢٧٩). وفي روايته اختلاف. (٣) ديوانه (١٧٢). (٤) (ت): «أي».

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