vous ne l’accompagniez pas du feu, car vous ne feriez qu’exciter l’imagination des gens et nourrir en eux l’idée d’un mauvais présage – feu et châtiment. »
Allah est plus savant.
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Quant aux faits qu’ils ont rapportés pour montrer que se réalise bel et bien ce dont se défient les personnes enclines au mauvais présage, certes, il y en a, et l’on pourrait en citer ici bien davantage, des multiples et des multiples de multiples.
Nous ne nions nullement que le décret divin et la prédestination coïncident souvent avec ces causes et bien d’autres, pas plus que nous ne contestons que les prévisions des prudents, les conjectures des soupçonneux ou les mises en garde des réprouveurs s’accordent parfois avec ce qui a été décrété ; nul ne le nie.
Parmi les causes qui provoquent l’advenue de ce que l’on déteste figure justement le mauvais présage, comme il a été expliqué, et celui-ci retombe sur qui s’y adonne. Toutefois, Allah – exalté soit-Il – a établi, face à ce motif, des moyens qui neutralisent son effet et son dommage : mettre sa confiance en Lui, penser favorablement de Lui, détourner son cœur de la superstition, ne pas y prêter attention, ne pas la craindre et s’en remettre à Allah.
Nous ne nions pas que tout cela relève de conjectures, de suppositions, d’intuitions et d’estimations : ce genre de choses atteint parfois juste, mais se trompe bien plus souvent.
Ainsi, tout ce que les superstitieux prennent pour un signe funeste ne se réalise pas forcément ni ne se vérifie dans sa totalité ; la plupart du temps c’est mensonger, et ce qui s’avère exact est rarissime. Dans ce domaine, les gens ne s’appuient (1) et ne transmettent que ce qui s’est effectivement produit et y accordent leur attention ; on le voit donc fréquemment, tandis que les cas mensongers sont trop nombreux pour être rapportés.
Ibn Qutayba a dit : « Il est dans la nature [des gens] (2) de conserver ce qui est exact parce qu’ils s’en émerveillent et en sont passionnés… »