Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Quelques savants ont expliqué que la crainte exprimée ne visait pas le défunt lui-même, mais les vivants, naturellement enclins au mauvais présage, afin que leurs âmes ne leur soufflent pas que le mort appartient aux gens du Feu lorsqu’ils voient la flamme qui le suit aux tout premiers instants de son au-delà. Plus encore, cela se produit dans un endroit où l’on attend d’eux qu’ils redoublent d’efforts pour prier en faveur du défunt ; or, si celui-ci ne possède plus d’autre viatique que ces invocations, ils risquent de penser que cette flamme est le reliquat de son viatique pour l’autre monde. Leurs soupçons à son égard s’en trouveraient renforcés, leurs cœurs se détourneraient de la miséricorde dans un moment où ils sont pourtant les témoins d’Allah ; ainsi que le rapporte le hadith authentique : lorsqu’un cortège funéraire passa devant le Prophète ﷺ et qu’on fit l’éloge du défunt, il dit : « C’est acquis. » — « Qu’est-ce qui est acquis ? » demandèrent-ils. Il répondit : « Le paradis lui est acquis. Vous êtes les témoins d’Allah sur terre ; quiconque vous louez, le paradis lui est acquis, et quiconque vous blâmez, le Feu lui est acquis. » (1)

Une autre tradition stipule : « Si vous voulez savoir ce qu’un défunt possède auprès d’Allah, observez les louanges qui l’accompagnent. » (2)

ʿÂʾisha — qu’Allah l’agrée — déclara : « Que la dernière provision d’éloges et d’invocations qui lui reste ne soit pas que… »

(1) Rapporté par al-Bukhari, n° 1367, et Muslim, n° 949, d’après Anas. (2) Rapporté par Malik, n° 2630, comme parole de Kaʿb al-Ahbar, avec une chaîne de transmission authentique. — Il est aussi transmis sous forme marfuʿ d’après Ali ; rapporté par Ibn ʿAsakir dans son Tarikh Dimachq, 13/374, mais ce n’est pas authentique. Voir : al-Silsila al-daʿifa, n° 1620.
قال بعضُ أهل العلم: وليس خوفُهم من ذلك على الميِّت، لكنْ على الأحياء المجبولين على الطِّيَرة، لئلَّا تحدِّثهم أنفسُهم بالميِّت أنه من أهل النار، لِمَا رأوا من النار التي تَتْبَعُه في أول أيَّامه من الآخرة، ولا سيَّما في مكانٍ يرادُ منهم فيه كثرةُ الاجتهاد للميِّت بالدعاء، فإذا لم يبقَ له زادٌ غيرُه فيظنُّون أنَّ تلك النار من بقايا زاده إلى الآخرة، فتسوءُ ظنونُهم به، وتنفرُ عن رحمته قلوبُهم في مكانٍ هم فيه شهداءُ الله؛ كما جاء في الحديث الصحيح لما مُرَّ على النبي ﷺ بجنازةٍ فأثنوا عليها خيرًا، فقال: «وجبَت»، فقالوا: ما وجبَت؟ قال: «وجبَت له الجنة، أنتم شهداءُ الله في الأرض، من أثنيتم عليه خيرًا وجبَت له الجنة، ومن أثنيتم عليه شرًّا وجبَت له النار» (١). وفي أثرٍ آخر: «إذا أردتم أن تعلموا ما للميت عند الله فانظروا ما يتبعُه من حسن الثناء» (٢). فقالت عائشة ﵂: لا يكونُ آخرُ زاده من الثَّناء والدعاء أن
(١) أخرجه البخاري (١٣٦٧)، ومسلم (٩٤٩) من حديث أنس. (٢) أخرجه مالك (٢٦٣٠) من قول كعب الأحبار بإسنادٍ صحيح. وروي مرفوعًا من حديث علي، أخرجه ابن عساكر في «تاريخ دمشق» (١٣/ ٣٧٤)، ولا يصح. انظر: «السلسلة الضعيفة» (١٦٢٠).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies