Quelques savants ont expliqué que la crainte exprimée ne visait pas le défunt lui-même, mais les vivants, naturellement enclins au mauvais présage, afin que leurs âmes ne leur soufflent pas que le mort appartient aux gens du Feu lorsqu’ils voient la flamme qui le suit aux tout premiers instants de son au-delà. Plus encore, cela se produit dans un endroit où l’on attend d’eux qu’ils redoublent d’efforts pour prier en faveur du défunt ; or, si celui-ci ne possède plus d’autre viatique que ces invocations, ils risquent de penser que cette flamme est le reliquat de son viatique pour l’autre monde. Leurs soupçons à son égard s’en trouveraient renforcés, leurs cœurs se détourneraient de la miséricorde dans un moment où ils sont pourtant les témoins d’Allah ; ainsi que le rapporte le hadith authentique : lorsqu’un cortège funéraire passa devant le Prophète ﷺ et qu’on fit l’éloge du défunt, il dit : « C’est acquis. » — « Qu’est-ce qui est acquis ? » demandèrent-ils. Il répondit : « Le paradis lui est acquis. Vous êtes les témoins d’Allah sur terre ; quiconque vous louez, le paradis lui est acquis, et quiconque vous blâmez, le Feu lui est acquis. » (1)
Une autre tradition stipule : « Si vous voulez savoir ce qu’un défunt possède auprès d’Allah, observez les louanges qui l’accompagnent. » (2)
ʿÂʾisha — qu’Allah l’agrée — déclara : « Que la dernière provision d’éloges et d’invocations qui lui reste ne soit pas que… »