la correspondance qui soude le nom à ce qu’il désigne soit comparable à celle qui lie la cause à son effet. Il ne s’agit, à vrai dire, que d’une prépondérance, d’une priorité qui assigne le nom à son référent, sans que cette assignation se réalise nécessairement en tout temps.
Ce qu’il faut retenir, c’est que cette adéquation s’ajoute à l’instinct que Dieu a implanté dans la nature humaine : la répulsion qu’inspire un nom (1) laid et détestable, la répugnance qu’il suscite et le mauvais présage que la plupart des gens y voient. Tout cela conduit spontanément à l’éviter et à lui préférer un autre terme. Tel est le fondement de cette question.
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Quant à la désapprobation manifestée par les Pieux Anciens (salaf) lorsqu’on suit le défunt avec un objet enflammé ou que l’on fait descendre dans la tombe quelque chose qui a touché le feu, ainsi qu’à la parole de ʿÂʾisha — qu’Allah l’agrée : « Que la dernière provision qu’il reçoive ne soit pas que vous le suiviez avec le feu » (2), il est plausible qu’ils aient rejeté cette pratique par crainte d’introduire une innovation qui n’existait pas à l’époque du Messager d’Allah ; et que dire lorsqu’une telle pratique engendre (3) superstition et mauvais soupçons à l’égard du mort !
Plusieurs savants des premières générations, parmi lesquels ʿAbd al-Malik b. Ḥabīb, ont encore soutenu qu’ils l’avaient proscrite à cause du présage, en pareil contexte, que représenterait le fait que le feu le suive (4).
Ibn Ḥabīb rapporte enfin que le Prophète voulut accomplir la prière funéraire d’un défunt ; une femme survint avec un encensoir, et il ne cessa de l’interpeller à haute voix jusqu’à ce qu’elle disparût derrière les fourrés de Médine (5).