Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

On rencontre cela très fréquemment (1) également dans les noms génériques.
Le législateur du langage (2) s’est attaché à faire coïncider les vocables avec les sens et à les accorder à ce qu’ils désignent ; ainsi, il a réservé les consonnes aériennes et légères aux réalités qui leur ressemblent, tel l’air, et les consonnes dures à ce qui exige de la rudesse, comme le roc ou la pierre. Lorsque le référent implique un mouvement continu, ils ont reproduit ce mouvement par une succession de voyelles dans le mot même : dawârân (rotation), ghalayân (ébullition), nazawân (ruade). Quand le mouvement se répète, ils ont redoublé le terme : qalqala (tremblement), zalzala (séisme), dakdaka (pilonnement), sarsara (sifflement). Lorsque la chose nommée est ramassée et que ses parties sont resserrées, ils ont introduit dans son nom la voyelle « u » (ḍamma), symbole de concentration et d’entassement, par exemple buḥtur pour désigner un homme trapu et compact ; et, lorsqu’elle est longue, ils ont mis dans son nom (3) la voyelle « a » (fatḥa), qui suggère l’étendue, tel ʿashannaq pour l’homme de haute stature. Les exemples de cette nature sont trop nombreux pour être entièrement recensés ; nous n’y avons fait qu’une brève allusion (4).
C’est à cela que pensait celui qui a déclaré : « Entre le nom et la chose nommée existe une correspondance » (5). Quelques auteurs tardifs n’ont pas compris son intention ; ils l’ont attaqué en soutenant qu’il n’existe aucun rapport naturel (6) entre les deux, et ils ont appuyé leur dénégation sur des arguments sans consistance (7), car nul esprit sensé ne prétend que

(1) Les manuscrits T et S portent : « mimma yujad » (« parmi ce qui se trouve »). (2) Le fondateur (ou « instituteur ») de la langue. (3) Les manuscrits D et Q lisent « al-musamma » (« le dénommé »), lecture fautive. (4) Voir : Ibn Jinnî, al-Khasâ’is, 2/152-168 ; Jilâ’ al-afhâm, 146-153 ; Badâ’iʿ al-fawâ’id, 189 ; Tuhfat al-mawdûd, 51, 146 ; Zâd al-maʿâd, 2/336 ; et Majmûʿ al-fatâwâ, 20/418. (5) Il s’agit de ʿAbbâd b. Sulaymân al-Simarî. (6) Le manuscrit T lit : « tabiʿiyyan » (« de manière naturelle »). (7) Voir : al-Maḥṣûl, 1/181, 183 ; al-Ibâj, 1/196 ; al-Baḥr al-muḥîṭ, 2/32 ; al-Muzhir de Suyûtî, 1/47.
وهذا كثيرًا ما يوجدُ أيضًا (١) في أسماء الأجناس. والواضعُ (٢) له عنايةٌ بمطابقة الألفاظ للمعاني، ومناسبتها لها، فيجعلُ الحروفَ الهوائيَّة الخفيفةَ للمسمَّى المُشاكِل لها، كالهواء، والحروفَ الشَّديدة للمسمَّى المناسب لها، كالصَّخر والحَجَر، وإذا تتابعَت حركةُ المسمَّى تابَعوا بين حركة اللفظ، كالدَّوَران والغَلَيان والنَّزَوان، وإذا تكرَّرت الحركةُ كرَّروا اللفظ، كقَلْقَلَ وزَلْزَلَ ودَكْدَكَ وصَرْصَرَ، وإذا اكتَنزَ المسمَّى وتجمَّعت أجزاؤه جعَلوا في اسمه من الضَّمِّ الدالِّ على الجمع والاكتناز ما يناسبُ المسمَّى، كالبُحْتُر للقصير المجتمع الخَلْق، وإذا طالَ جعلوا في اسمه (٣) من الفتح الدالِّ على الامتداد نظيرَ ما في المعنى، كالعَشَنَّق للطَّويل. ونظائرُ ذلك أكثرُ من أن تُسْتَوعَب، وإنما أشرنا إليها أدنى إشارة (٤). وهذا هو الذي أراده من قال: بين الاسم والمسمَّى مناسبة (٥)، فلم يفهم عنه بعضُ المتأخِّرين مرادَه، فأخذ يشنِّعُ عليه بأنه لا تناسُبَ طبعِيًّا (٦) بينهما، واستدلَّ على إنكار ذلك بما لا طائل تحته (٧)؛ فإنَّ عاقلًا لا يقول: إنَّ
(١) (ت، ص): «مما يوجد». (٢) واضعُ اللغة. (٣) (د، ق): «المسمى». وهو تحريف. (٤) انظر: «الخصائص» لابن جني (٢/ ١٥٢ - ١٦٨)، و «جلاء الأفهام» (١٤٦ - ١٥٣)، و «بدائع الفوائد» (١٨٩)، و «تحفة المودود» (٥١، ١٤٦)، و «زاد المعاد» (٢/ ٣٣٦) [و"مجموع الفتاوى" (٢٠/ ٤١٨)]. (٥) وهو عباد بن سليمان الصيمري. (٦) (ت): «طبيعيا». (٧) انظر: «المحصول» (١/ ١٨١، ١٨٣)، و «الإبهاج» (١/ ١٩٦)، و «البحر المحيط» (٢/ ٣٢)، و «المزهر» للسيوطي (١/ ٤٧).

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