On rencontre cela très fréquemment (1) également dans les noms génériques.
Le législateur du langage (2) s’est attaché à faire coïncider les vocables avec les sens et à les accorder à ce qu’ils désignent ; ainsi, il a réservé les consonnes aériennes et légères aux réalités qui leur ressemblent, tel l’air, et les consonnes dures à ce qui exige de la rudesse, comme le roc ou la pierre. Lorsque le référent implique un mouvement continu, ils ont reproduit ce mouvement par une succession de voyelles dans le mot même : dawârân (rotation), ghalayân (ébullition), nazawân (ruade). Quand le mouvement se répète, ils ont redoublé le terme : qalqala (tremblement), zalzala (séisme), dakdaka (pilonnement), sarsara (sifflement). Lorsque la chose nommée est ramassée et que ses parties sont resserrées, ils ont introduit dans son nom la voyelle « u » (ḍamma), symbole de concentration et d’entassement, par exemple buḥtur pour désigner un homme trapu et compact ; et, lorsqu’elle est longue, ils ont mis dans son nom (3) la voyelle « a » (fatḥa), qui suggère l’étendue, tel ʿashannaq pour l’homme de haute stature. Les exemples de cette nature sont trop nombreux pour être entièrement recensés ; nous n’y avons fait qu’une brève allusion (4).
C’est à cela que pensait celui qui a déclaré : « Entre le nom et la chose nommée existe une correspondance » (5). Quelques auteurs tardifs n’ont pas compris son intention ; ils l’ont attaqué en soutenant qu’il n’existe aucun rapport naturel (6) entre les deux, et ils ont appuyé leur dénégation sur des arguments sans consistance (7), car nul esprit sensé ne prétend que