Par ailleurs, comme le fait de passer entre ces deux montagnes peut troubler (1) le cœur,
nous formulerons, avec l’aide d’Allah, un principe général qui dévoilera le secret de cette question :
Sache qu’il existe entre les noms et ce qu’ils désignent un lien voulu par le Tout-Puissant, l’Omniscient. Il l’a inspiré aux âmes des serviteurs et ancré dans leurs cœurs de sorte qu’ils ne s’en détournent pas. Ce lien n’est ni celui qui unit la cause à son effet, ni celui qui rend nécessaire ce qu’il exige ; il s’agit plutôt d’une correspondance, d’une affinité posée par la sagesse du Sage.
Aussi vois-tu rarement un nom hideux sans qu’il n’y ait entre lui et son référent quelque chose de la même laideur. De même, si tu considères un nom pesant, que l’oreille repousse et dont la nature se détourne, tu constateras que ce qu’il désigne lui ressemble ou, à tout le moins, s’en approche.
C’est pourquoi l’on entend couramment ce proverbe : « Les sobriquets descendent du ciel » (2). Il est à peine concevable qu’un nom répugnant ne convienne pas à celui qu’il nomme.
À ce sujet, un poète a dit :
« Il est rare que tes yeux voient un homme affublé d’un surnom
sans que, si tu y réfléchis, ce surnom ne soit le reflet même de sa personne. » (3)