Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Par ailleurs, comme le fait de passer entre ces deux montagnes peut troubler (1) le cœur,

nous formulerons, avec l’aide d’Allah, un principe général qui dévoilera le secret de cette question :

Sache qu’il existe entre les noms et ce qu’ils désignent un lien voulu par le Tout-Puissant, l’Omniscient. Il l’a inspiré aux âmes des serviteurs et ancré dans leurs cœurs de sorte qu’ils ne s’en détournent pas. Ce lien n’est ni celui qui unit la cause à son effet, ni celui qui rend nécessaire ce qu’il exige ; il s’agit plutôt d’une correspondance, d’une affinité posée par la sagesse du Sage.

Aussi vois-tu rarement un nom hideux sans qu’il n’y ait entre lui et son référent quelque chose de la même laideur. De même, si tu considères un nom pesant, que l’oreille repousse et dont la nature se détourne, tu constateras que ce qu’il désigne lui ressemble ou, à tout le moins, s’en approche.

C’est pourquoi l’on entend couramment ce proverbe : « Les sobriquets descendent du ciel » (2). Il est à peine concevable qu’un nom répugnant ne convienne pas à celui qu’il nomme.

À ce sujet, un poète a dit :
« Il est rare que tes yeux voient un homme affublé d’un surnom
sans que, si tu y réfléchis, ce surnom ne soit le reflet même de sa personne. » (3)

(1) Le manuscrit Q donne « tachawwuf », tandis que les manuscrits D, T et S lisent « yashawwuq » ; la leçon adoptée provient du manuscrit Ṭ. (2) Voir : at-Tamthil wa-l-muhadara, p. 45 ; Majmaʿ al-amthal, t. 2, p. 257. (3) Les deuxièmes vers sont cités dans Nur al-qabas, p. 332, attribués à un disciple de Thaʿlab dans une satire contre al-Mubarrad. On les retrouve encore, sans mention d’auteur, dans al-Mufradat d’al-Raghib, p. 744, ainsi que dans Sharh al-maqamat de Charishi, t. 1, p. 24 ; un équivalent apparaît aussi dans Muhadarat al-udabaʾ, t. 3, p. 660.
وأيضًا؛ فَلِمَا كان المرورُ بين ذينِكَ الجبلين قد يُشَوِّشُ (١) القلب. على أنَّا نقولُ في ذلك قولًا كلِّيًّا نبيِّنُ به سرَّ هذا الباب، بحول الله وعونه وتوفيقه: اعلَم أنَّ بين الأسماء ومسمَّياتها ارتباطًا قدَّره العزيزُ العليم، وألهَمَه نفوسَ العباد، وجعَله في قلوبهم بحيث لا تنصرفُ عنه، وليس هذا الارتباطُ هو ارتباطَ العلَّة بمعلولها، ولا ارتباطَ المقتضي الوجوبَ لمقتضاه وموجَبه، بل ارتباط تناسُبٍ وتشاكُلٍ اقتضته حكمةُ الحكيم. فقَلَّ أن ترى اسمًا قبيحًا إلا وبين مسمَّاه وبينه رابطٌ من القُبح، وكذلك إذا تأمَّلتَ الاسم الثقيلَ الذي تنفرُ عنه الأسماع، وتنبو عنه الطِّباع، فإنك تجدُ مسمَّاه يُقارِبُ أو يُلِمُّ أن يُطابِق. ولهذا من المشهور على ألسنة الناس: أنَّ الألقابَ تنزلُ من السماء (٢). فلا تكادُ تجدُ الاسمَ الشنيعَ القبيحَ إلا على مسمًّى يناسبُه. وفي ذلك قولُ القائل: وقَلَّ أنْ أبصَرَتْ عيناكَ ذا لَقَبٍ ... إلا ومعناهُ إن فكَّرتَ في لَقَبِهْ (٣)
(١) (ق): «تشوف». (د، ت، ص) «يشوق». والمثبت من (ط). (٢) انظر: «التمثيل والمحاضرة» (٤٥)، و «مجمع الأمثال» (٢/ ٢٥٧). (٣) ثاني بيتين في «نور القبس» (٣٣٢) لبعض أصحاب ثعلب في هجاء المبرد. وهو في «المفردات» للراغب (٧٤٤)، و «شرح المقامات» للشريشي (١/ ٢٤) دون نسبة. وبمعناه في «محاضرات الأدباء» (٣/ ٦٦٠).

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