Ce même récit a également été rapporté par d’autres que Mâlik, dans la version transmise par Anas : un homme vint trouver le Messager d’Allah ﷺ et lui dit : « Ô Messager d’Allah, nous avons habité une maison où notre nombre s’est accru et nos biens se sont multipliés ; puis nous l’avons quittée pour une autre, et nos richesses comme notre effectif y ont diminué. » Le Prophète ﷺ répondit : « Quittez-la. » (1)
Il ne s’agit nullement ici de la tîyara interdite ; le Prophète ﷺ leur ordonna de s’éloigner de cette demeure parce qu’un sentiment de crainte s’était installé dans leurs cœurs à son sujet, et cela pour deux motifs et deux bénéfices :
Le premier est de les faire quitter un lieu qu’ils trouvaient pesant et inquiétant à cause des épreuves qu’ils y avaient subies, afin qu’ils se hâtent de goûter le repos après le trouble, la tristesse et l’angoisse que ce lieu leur inspirait. En effet, Allah — exalté soit-Il — a inscrit dans la nature humaine qu’elle se détourne de l’endroit où elle a connu le mal, même si celui-ci n’en est pas la véritable cause, et qu’elle aime celui par le biais duquel le bien lui est parvenu, quand bien même ce bien n’était pas voulu pour elle.
Il leur ordonna donc de quitter ce qu’ils détestaient, car Allah l’a envoyé comme miséricorde et non comme châtiment, comme facilitateur et non comme cause de difficulté. Comment aurait-il pu leur enjoindre de demeurer dans un endroit qui les attristait et les effrayait, où ils avaient perdu tant des leurs, sans qu’aucun avantage, ni acte d’obéissance, ni accroissement de piété ou de guidée ne le justifient ?
Qui plus est (2), le fait de prolonger leur séjour dans ce lieu alors que leurs cœurs en étaient déjà affectés risquait de les pousser au pessimisme et à la tîyara, les précipitant ainsi dans deux graves écueils :