Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

En somme, le fait qu’il ﷺ ait parlé du « malheur » susceptible d’exister dans ces trois choses n’implique aucunement l’affirmation de la tîyara qu’il venait de rejeter ; tout au plus signifie-t-il qu’Allah, exalté soit-Il, peut faire que certains spécimens de ces biens soient de mauvais augure pour ceux qui les approchent ou les habitent, tandis que d’autres sont bénis, de sorte qu’aucun malheur ni aucun tort n’atteint ceux qui les côtoient.

De même, le Tout-Puissant accorde à certains parents un enfant béni dont ils ne perçoivent que le bien, alors qu’Il en accorde à d’autres un enfant malheureux et vil dont ils ne perçoivent que le mal ; il en va de même pour toute charge ou responsabilité qu’Il confie à Son serviteur. Ainsi en est-il encore de la demeure, de la femme et du cheval.

Allah — glorifié soit-Il — est le Créateur du bien et du mal, de la félicité et du mauvais augure ; Il fait de certains de ces êtres des signes de bonheur et de bénédiction, décrète la réussite pour quiconque les côtoie (1) et y fait naître la baraka, et Il fait d’autres êtres sources d’infortune, si bien que quiconque les approche est frappé de malchance.

Tout cela relève de Son décret et de Sa prédestination, exactement comme Il a créé l’ensemble des causes et les a liées à des effets contraires et variés : ainsi (2) a-t-Il créé le musc et autres porteurs de suaves effluves (3) qu’Il a rendus délectables pour ceux qui s’en approchent, et Il a créé leur opposé qu’Il a fait cause de gêne pour ceux qui les sentent. Cette différence entre les deux catégories est perceptible par les sens ; il en est de même pour les demeures, les femmes et les chevaux. Voilà une réalité, tandis que la tîyara polythéiste en est une autre.

Section

Quant au récit rapporté par Mâlik d’après Yahyâ ibn Sa‘îd : une femme se présenta au Messager d’Allah ﷺ et déclara : « Ô Messager d’Allah, nous avons habité une maison où nous étions nombreux et où nos biens abondaient ; puis notre nombre diminua et nos biens disparurent. » Le Prophète ﷺ répondit : « Quittez-la ; elle est blâmable. »

(1) Dans le manuscrit « Q », on lit « qarin-ha » ; la même leçon se retrouve aux passages suivants. (2) Lectio conforme aux manuscrits de base ; on peut toutefois corriger en « wa-kama ». (3) Pluriel de *rih* (vent) ou de *rawh* (fraîcheur, repos).
وبالجملة؛ فإخباره ﷺ بالشُّؤم أنه يكونُ في هذه الثلاثة ليس فيه إثباتُ الطِّيَرة التي نفاها، وإنما غايتُه أنَّ الله سبحانه قد يخلقُ منها أعيانًا مشؤومةً على مَنْ قارَبها وسكَنها، وأعيانًا مباركةً لا يلحقُ مَنْ قارَبها منها شؤمٌ ولا شرٌّ. وهذا كما يعطي سبحانه الوالدين ولدًا مباركًا يرَيان الخيرَ على وجهه، ويعطي غيرَهما ولدًا مشؤومًا نذلًا يرَيان الشرَّ على وجهه، وكذلك ما يُعْطَاهُ العبدُ من ولايةٍ أو غيرها، فكذلك الدارُ والمرأةُ والفَرس. واللهُ سبحانه خالقُ الخير والشرِّ والسُّعود والنُّحوس، فيخلقُ بعضَ هذه الأعيان سُعودًا مباركة، ويقضي بسعادة مَنْ قارَبها (١)، وحصول اليُمْن له والبركة، ويخلقُ بعضَ ذلك نحوسًا ينتحسُ بها مَنْ قارَبها. وكلُّ ذلك بقضائه وقدره، كما خلقَ سائرَ الأسباب وربَطها بمسبَّباتها المتضادَّة والمختلفة، فكما (٢) خلقَ المِسْكَ وغيرَه من حامل الأرواح الطِّيبة (٣)، ولذَّذَ بها مَنْ قارَبها من الناس، وخلقَ ضدَّها وجعلها سببًا لألم مَنْ قارَبها من الناس. والفرقُ بين هذين النوعين يُدْرَكُ بالحِسِّ، فكذلك في الدِّيار والنِّساء والخيل، فهذا لونٌ والطِّيَرة الشركيَّةُ لون. فصل وأمَّا الأثرُ الذي ذكره مالكٌ عن يحيى بن سعيد: جاءت امرأةٌ إلى رسول الله ﷺ، فقالت: يا رسول الله، دارٌ سكنَّاها والعددُ كثيرٌ والمالُ وافر، فقلَّ العدد، وذهبَ المال، فقال النبيُّ ﷺ: «دعوها، ذميمة».
(١) (ق): «قارنها». وهكذا في المواضع التالية. (٢) كذا في الأصول. ولعلها: «وكما». (٣) جمع ريح أو رَوْح.

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