En somme, le fait qu’il ﷺ ait parlé du « malheur » susceptible d’exister dans ces trois choses n’implique aucunement l’affirmation de la tîyara qu’il venait de rejeter ; tout au plus signifie-t-il qu’Allah, exalté soit-Il, peut faire que certains spécimens de ces biens soient de mauvais augure pour ceux qui les approchent ou les habitent, tandis que d’autres sont bénis, de sorte qu’aucun malheur ni aucun tort n’atteint ceux qui les côtoient.
De même, le Tout-Puissant accorde à certains parents un enfant béni dont ils ne perçoivent que le bien, alors qu’Il en accorde à d’autres un enfant malheureux et vil dont ils ne perçoivent que le mal ; il en va de même pour toute charge ou responsabilité qu’Il confie à Son serviteur. Ainsi en est-il encore de la demeure, de la femme et du cheval.
Allah — glorifié soit-Il — est le Créateur du bien et du mal, de la félicité et du mauvais augure ; Il fait de certains de ces êtres des signes de bonheur et de bénédiction, décrète la réussite pour quiconque les côtoie (1) et y fait naître la baraka, et Il fait d’autres êtres sources d’infortune, si bien que quiconque les approche est frappé de malchance.
Tout cela relève de Son décret et de Sa prédestination, exactement comme Il a créé l’ensemble des causes et les a liées à des effets contraires et variés : ainsi (2) a-t-Il créé le musc et autres porteurs de suaves effluves (3) qu’Il a rendus délectables pour ceux qui s’en approchent, et Il a créé leur opposé qu’Il a fait cause de gêne pour ceux qui les sentent. Cette différence entre les deux catégories est perceptible par les sens ; il en est de même pour les demeures, les femmes et les chevaux. Voilà une réalité, tandis que la tîyara polythéiste en est une autre.
Section
Quant au récit rapporté par Mâlik d’après Yahyâ ibn Sa‘îd : une femme se présenta au Messager d’Allah ﷺ et déclara : « Ô Messager d’Allah, nous avons habité une maison où nous étions nombreux et où nos biens abondaient ; puis notre nombre diminua et nos biens disparurent. » Le Prophète ﷺ répondit : « Quittez-la ; elle est blâmable. »