Une autre école a proposé l’explication suivante : le hadith signifie que le Prophète ﷺ nous informe des facteurs qui réveillent la superstition innée dans les natures humaines. Autrement dit, ce qui attise la tîyara chez les gens se trouve précisément dans ces trois choses. Il nous les a donc signalées afin que nous restions sur nos gardes, en disant : « Le malheur se trouve dans la demeure, la femme et le cheval. » C’est-à-dire que les incidents qui surviennent fréquemment avec ces biens (1) et les calamités qui s’y enchaînent poussent les hommes à les juger de mauvais augure. D’où sa parole : « Le malheur est en elles », autrement dit : Allah peut en décréter l’effet funeste pour certains et non pour d’autres.
Il ﷺ s’adressa ainsi à ses compagnons sachant qu’ils tenaient déjà de lui l’abolition de la superstition et la négation de la contagion. C’est pourquoi ils ne l’interrogèrent pas sur le sens de ses propos, contrairement à l’épisode où il déclara : « Qu’un animal malade ne s’approche pas d’un animal sain » (2). Ils avaient alors demandé : « Pourquoi donc, ô Messager d’Allah ? » Il leur expliqua qu’il redoutait le tort que l’animal souffrant pouvait causer au sain, et non la contagion en elle-même, car il ﷺ a prescrit l’affection mutuelle, la diffusion de la joie parmi les croyants et l’indulgence réciproque, et il a interdit la rupture des liens, la haine et le tort.
Quiconque prétendrait que le Messager d’Allah ﷺ a attribué la superstition et le malheur à une chose comme si elle agissait indépendamment d’Allah forgerait un énorme mensonge contre Allah et contre Son Messager et s’égarerait d’un égarement manifeste.
Le Prophète ﷺ a d’abord nié la superstition et la contagion, puis il a déclaré : « Le malheur se trouve dans trois choses », afin d’écarter toute idée qu’une superstition — qu’il venait de rejeter — puisse être induite par ces trois éléments. Il a donc dit : « Il n’y a ni contagion, ni superstition, et le malheur est dans trois choses », commençant par la fin de l’information pour leur montrer sans délai la fausseté de la contagion et de la superstition qu’ils auraient pu inférer de sa parole : « Le malheur est dans trois choses. »