d’un autre que Lui et, partant, le défaut de s’en remettre à Lui et de placer en Lui sa confiance ; dès lors, l’intéressé devient la cible des flèches du mal et de l’épreuve, qui l’atteignent d’autant plus vite qu’il ne s’est pas protégé, par l’unicité et le tawakkul (la confiance), d’un bouclier salvateur. Quiconque craint quelque chose en dehors d’Allah y sera soumis, de même que celui qui aime, en plus d’Allah, une autre entité sera châtié par elle, et que celui qui met avec Allah son espoir en quelqu’un d’autre sera abandonné par ce dernier. Ce sont là des vérités dont l’expérience seule dispense (1) de toute démonstration.
L’âme, inéluctablement, est portée à la superstition, mais le croyant à la foi vigoureuse repousse l’effet de sa tîyara en s’en remettant à Allah ; car celui qui place sa confiance exclusive en Allah trouve en Lui un suffisant secours contre tout le reste. Le Très-Haut dit : « Lorsque tu récites le Coran, cherche refuge auprès d’Allah contre Satan le banni. (98) Il n’a aucun pouvoir sur ceux qui croient et qui placent leur confiance en leur Seigneur. (99) Son autorité ne s’exerce que sur ceux qui l’adoptent pour allié et qui commettent l’association. » ⦗Les Abeilles : 98-100⦘.
C’est pourquoi Ibn Masʿoûd déclara : « Il n’est personne d’entre nous » — c’est-à-dire que nul n’échappe totalement à l’inclination superstitieuse — « mais Allah la dissipe par le tawakkul. » (2)
Dans la même veine, Zabbân b. Sayyâr a dit :
« Ziyâd fit s’envoler l’oiseau, lorsque nous partîmes, pour nous renseigner, mais l’oiseau n’en savait rien ;
Il resta planté là, pareil à Loqmân fils de ʿÂd,
Qui, de sa sagesse, lui aurait fait signe ;
Apprends qu’il n’est de mauvais présage
Que pour le superstitieux : telle est sa perte. »
Ils concluent donc que le mauvais augure attaché à la maison, à la femme et au cheval peut ne concerner que celui qui se montre superstitieux et pessimiste à leur sujet ; tandis que, pour celui qui met sa confiance en Allah, Le craint Lui seul, s’abstient de tîyara et de tout pessimisme, ni le cheval, ni la femme, ni la demeure ne constituent en rien un funeste présage.