« Vous vous trompez », répondit alors Abû Tâlib ; autrement dit : vous avez fait erreur dans ce que vous avez dit et cru. C’est également le sens que visaient al-Hamdanî et al-ʿAbsî, et l’on retrouve fréquemment cette tournure dans la langue arabe.
J’ajoute qu’on la retrouve, par exemple, dans la parole de Saʿîd ibn Jubayr : « Jâbir ibn Zayd se trompe » à propos de son avis : « Le droit de divorce appartient au maître » (1), c’est-à-dire : il s’est mépris.
De la même manière, ʿUbâda ibn aṣ-Ṣâmit dit : « Abû Muhammad se trompe » lorsqu’il déclara : « La prière du witr est obligatoire » (2) ; autrement dit : il a commis une erreur.
Il est rapporté dans le Ṣaḥîḥ (3) que le Prophète ﷺ a dit : « Abû as-Sanâbil se trompe », après que celui-ci eut émis une fatwa selon laquelle la femme enceinte dont le mari est décédé ne peut se remarier avant d’avoir accompli un délai de quatre mois et dix jours, même si elle accouche avant la fin de ce terme.
Les exemples de cet usage sont nombreux.
En définitive, ʿÂʾisha ﵂ a rejeté ce hadith, l’a désavoué et a estimé que celui qui le rapporte se trompe (4).