Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Abû Ṭâlib (1) déclara :
« Vous vous trompez, par la Maison d’Allah ! Croire que nous abandonnerions La Mecque
et que nous partirions ; ce n’est là que le désordre de vos propos.
Vous vous trompez, par la Maison d’Allah ! Que l’on nous arrache Mohammed (2),
alors même que nous n’avons pas encore croisé le fer pour lui ni combattu à ses côtés !
Jamais nous ne l’abandonnerons avant d’être terrassés autour de lui,
oubliant jusqu’à nos fils et nos épouses. »

Un poète de Hamdân (3) a dit :
« Vous vous trompez — par la Maison d’Allah — vous ne l’obtiendrez pas de force
tant qu’une lame restera levée. »

Zafar ibn al-Hârith al-ʿAbsi (4) a, pour sa part, déclaré :
« Est-ce donc justice que Baḥdal et son fils vivent
tandis que le fils d’al-Zubayr serait mis à mort ?
Vous vous trompez — par la Maison d’Allah — vous ne le tuerez pas
tant que l’affaire n’aura pas éclaté au grand jour, claire et décisive. »

L’auteur commente : Ne vois-tu pas que nous ne sommes pas ici face au mensonge — l’opposé de la vérité — mais bien devant une méprise, le fait d’imaginer ce qui n’est pas exact ? Ainsi, Quraysh avaient prétendu qu’ils expulseraient les Banû Hâshim de La Mecque s’ils ne renonçaient pas à la protection de Mohammed ﷺ ; Abû Ṭâlib leur répondit donc en ces termes

(1) Dans son Dîwân, pp. 74 et 193 ; il s’agit de sa Lâmiyyah, dont quelques vers ont déjà été cités p. 269. (2) C’est-à-dire : «nous sommes vaincus, dominés». Le terme «Muhammadan» est à l’accusatif par élision de la préposition implicite. Voir al-Khizânah, 2/63. Autre leçon : yubzā Muhammadan, «Muhammad est dominé, vaincu» (Lisân, s. v. b-z-a). Le Dîwân porte, à la première occurrence : nabrā Muhammadan, et à la seconde : yukhzā Muhammadun. (3) Il s’agit de ʿUmar b. Barâqah, cavalier et poète de la tribu de Hamdân ; ce vers célèbre est cité dans : al-Iklîl, 10/195 ; Amâlî al-Qâlî, 2/122 ; al-Wahshiyyât, 31 ; al-Ḥamâsah al-Baṣriyyah, 1/340 ; al-Aghânî, 21/199, etc. (4) Extrait d’un poème martial ; cf. al-Ḥamâsah, éd. commentée par al-Marzûqî, pp. 649-651.
أبو طالب (١): كذبتم وبيتِ الله نَتْرُكُ مكَّةً ... ونَظْعَنُ، إلا أمرُكم في بَلابلِ كذبتم وبيتِ الله نُبْزَى محمدًا (٢) ... ولمَّا نُطاعِنْ دونه ونُناضِلِ ونُسْلِمُه حتَّى نُصَرَّع حولَه ... ونُذْهَلَ عن أبنائنا والحلائل وقال شاعرٌ من هَمْدان (٣): كذبتم ــ وبيتِ الله ــ لا تأخذُونها ... مُراغَمةً ما دام للسَّيفِ قائمُ وقال زُفَرُ بن الحارث العبسي (٤): أفي الحقِّ أمَّا بَحْدَلٌ وابنُ بَحْدَلٍ ... فيحيا وأمَّا ابنُ الزُّبير فيُقْتَلُ كذبتم ــ وبيتِ الله ــ لا تقتلونه ... ولمَّا يكن أمرٌ أغرُّ محجَّلُ قال: ألا ترى أنَّ هذا ليس من باب الكذب الذي هو ضدُّ الصِّدق، وإنما هو من باب الغلط وظنِّ ما ليس بصحيح، وذلك أنَّ قريشًا زعموا أنهم يُخْرِجون بني هاشم من مكة إن لم يتركوا جِوارَ محمَّدٍ ﷺ، فقال لهم
(١) في ديوانه (٧٤، ١٩٣) من لاميَّته المتقدم بعضها (ص: ٢٦٩). (٢) أي: نُغْلَب ونُقْهَر عليه، و «محمدًا» منصوبٌ بنزع الخافض. انظر: «الخزانة» (٢/ ٦٣). وتروى: يُبْزى محمدٌ، أي: يُقْهَر ويُغلَب. «اللسان» (بزا). ورواية الديوان في الموضع الأول: نبرا محمدًا. وفي الثاني: يخزى محمدٌ. (٣) وهو عمر بن براقة، فارسُ همدان وشاعرها لعصره، من كلمةٍ باذخة في «الإكليل» (١٠/ ١٩٥)، و «أمالي القالي» (٢/ ١٢٢)، و «الوحشيات» (٣١)، و «الحماسة البصرية» (١/ ٣٤٠)، و «الأغاني» (٢١/ ١٩٩)، وغيرها. (٤) من كلمةٍ حماسية. انظر: «الحماسة» بشرح المرزوقي (٦٤٩، ٦٥١).

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