Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

al-Walîd ibn Muslim, d’après Saʿîd, d’après Qatâda, d’après Abû Ḥassân : deux hommes se présentèrent auprès de ʿÂʾicha et lui dirent : « Abû Hurayra rapporte que le Prophète ﷺ a dit : “Le mauvais augure ne se trouve que dans la femme, la demeure et la monture.” » À ces mots, une moitié d’elle sembla s’envoler au ciel et l’autre retomber sur la terre (1). Elle s’écria alors : « C’est un mensonge — par Celui qui a révélé le Furqân à Abû al-Qâsim — que rapporte quiconque lui attribue pareille parole ! Le Messager d’Allah ﷺ disait seulement : “Les gens de l’époque antéislamique affirmaient : le mauvais augure réside dans la femme et la monture.” » Puis ʿÂʾicha récita : « Aucun malheur n’atteint la terre ni vos personnes sans qu’il ne soit consigné dans un Livre avant que Nous ne le fassions advenir ; cela est facile pour Allah » (al-Hadîd, 22).

Abû ʿUmar rapporte : ʿÂʾicha rejetait toute idée de mauvais augure et n’y croyait pas le moins du monde, au point de dire à des femmes qui répugnaient à célébrer leur installation conjugale en Shawwâl : « Le Messager d’Allah ﷺ ne m’a épousée qu’en Shawwâl, et il n’a consommé notre mariage qu’en Shawwâl ; laquelle d’entre vous fut plus chérie de lui que moi ? » Elle recommandait donc aux femmes d’entrer chez leurs époux durant ce mois (2).

Abû ʿUmar ajoute : S’agissant de son propos à l’égard d’Abû Hurayra — « Il a menti » — il faut savoir que, chez les Arabes, l’expression « tu as menti » peut signifier : tu t’es trompé dans ton estimation, tu t’es mépris sur ce que tu as avancé, tu n’as pas visé juste (3), et ainsi de suite. Cet usage est bien connu dans leur langue (4) et se rencontre fréquemment dans leur poésie. Il dit

(1) C’est-à-dire : « un morceau ». L’expression est hyperbolique pour décrire la colère et la fureur ; on suggère que la chose se serait dispersée et déchirée en morceaux sous l’effet de cette colère. Réf. : al-Nihaya, art. « shaqq », « tayr ». (2) Hadith rapporté par Muslim, n° 1423. (3) Variante du manuscrit (T) : « et ce n’était pas vrai ». (4) Voir : Sahih Ibn Hibban, n° 1732 ; al-Thiqat, vol. 6, p. 114 ; Gharib al-hadith d’al-Khattabi, vol. 2, p. 302 ; al-Nihaya, art. « kadhaba » ; Khizanat al-adab, vol. 6, pp. 194, 197.
الوليد بن مسلم، عن سعيد، عن قتادة، عن أبي حسَّان: أنَّ رجلين دخلا على عائشة وقالا: إنَّ أبا هريرة يحدِّثُ أنَّ النبيَّ ﷺ قال: «إنما الطِّيَرة في المرأة والدار والدَّابة»، فطارت شِقَّةٌ (١) منها في السماء، وشِقَّةٌ في الأرض، ثمَّ قالت: كذَب ــ والذي أنزل الفرقان على أبي القاسم ــ من حدَّث عنه بهذا، ولكنَّ رسول الله ﷺ كان يقول: «كان أهلُ الجاهلية يقولون: إنَّ الطِّيَرة في المرأة والدَّابة»، ثمَّ قرأت عائشة: ﴿مَا أَصَابَ مِنْ مُصِيبَةٍ فِي الْأَرْضِ وَلَا فِي أَنْفُسِكُمْ إِلَّا فِي كِتَابٍ مِنْ قَبْلِ أَنْ نَبْرَأَهَا إِنَّ ذَلِكَ عَلَى اللَّهِ يَسِيرٌ﴾ [الحديد: ٢٢]. قال أبو عمر: وكانت عائشةُ تنفي الطِّيَرة، ولا تعتقدُ شيئًا منها، حتى قالت لنسوةٍ كنَّ يكرهن البناءَ بأزواجهنَّ في شوَّال: ما تزوَّجني رسولُ الله ﷺ إلا في شوَّال، وما دخل بي إلا في شوَّال، فمن كان أحظى منِّي عنده؟! وكانت تستحبُّ أن يدخلنَ على أزواجهنَّ في شوَّال (٢). قال أبو عمر: وقولها في أبي هريرة: «كَذَبَ» فإنَّ العرب تقول: كذبتَ، بمعنى غلطتَ فيما قدَّرتَ، وأوهَمْتَ فيما قلتَ، ولم تظُنَّ حقًّا (٣)، ونحو هذا، وذلك معروفٌ من كلامهم (٤)، موجودٌ في أشعارهم كثيرًا، قال
(١) أي: قطعة. مبالغة في الغضب والغيظ، كأنها تفرَّقت وتقطَّعت قطعًا من شدة الغضب. «النهاية» (شقق، طير). (٢) أخرجه مسلم (١٤٢٣). (٣) (ت): «ولم يكن حقًّا». (٤) انظر: «صحيح ابن حبان» (١٧٣٢)، و «الثقات» (٦/ ١١٤)، و «غريب الحديث» للخطابي (٢/ ٣٠٢)، و «النهاية» (كذب)، و «خزانة الأدب» (٦/ ١٩٤، ١٩٧).

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