Cependant — et Allah sait mieux — l’explication en est que cette parole visait, de sa part, à renforcer la réprobation ; en effet, les vocables évoquant le feu et l’incendie se trouvaient réunis dans son propre nom, dans ceux de son père, de son grand-père, de sa tribu, de son quartier et de sa demeure. Il se fit donc que son propos : « Va, ta maison a brûlé » coïncida avec le décret divin, au point qu’il se peut que cette parole ait elle-même provoqué l’événement.
Un tel concours de circonstances survient fréquemment pour des personnes bien moins élevées que ʿUmar ; que dire alors de ce muḥaddath, cet inspiré, qui ne disait jamais d’une chose : « Je la pense ainsi » sans que les faits ne lui donnent raison, et qui formulait parfois une opinion que le Coran venait ensuite confirmer ? Si l’ordre religieux révélé correspond à sa parole, il n’est pas étonnant que l’événement cosmique décrété se réalise, lui aussi, conformément à ses propos.
Dans les deux Ṣaḥīḥs (1), on rapporte d’après ʿÂʾisha — qu’Allah l’agrée — que le Prophète ﷺ a dit : « Il y eut, parmi les nations qui vous ont précédés, des hommes inspirés (muḥaddathūn) ; s’il en est un dans ma communauté, c’est ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb. »
Ibn Wahb a précisé : le terme « muḥaddathūn » signifie « inspirés » (2).
Dans le Ṣaḥīḥ d’al-Bukhârî (3), Abû Hurayra — qu’Allah l’agrée — rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Parmi ceux qui vous ont précédés, chez les Fils d’Israël, se trouvaient des hommes à qui l’on parlait (4) sans qu’ils fussent des prophètes ; s’il en est un dans ma communauté, c’est ʿUmar. »
Et dans les deux Ṣaḥīḥs (5), ʿUmar — qu’Allah l’agrée — déclara : « Je me suis trouvé en accord avec mon Seigneur au sujet de