lequel, tout en désignant son porteur avec la même clarté, présente un surplus d’agrément et d’harmonie, sans qu’aucune gêne ne pèse sur celui qui le reçoit (1).
De même, la réprobation exprimée par ceux qui refusaient d’appeler leur esclave ʿAbd Allâh ou ʿAbd ar-Raḥmân n’avait d’autre but que d’éviter que ce nom n’impose son affranchissement (2). Il ne fait pourtant aucun doute que tous les fils d’Adam sont des serviteurs d’Allah, qu’ils soient libres ou esclaves, qu’on les décrive ainsi ou non. Mais ceux qui ont blâmé cet usage ont écarté ces noms de leurs captifs afin de ne pas induire l’auditeur en erreur (3) et lui faire croire qu’il s’agit d’hommes libres, car la plupart des gens réservent ces appellations à des personnes libres. Ils se sont donc tournés vers d’autres noms propres aux esclaves qui lèvent toute ambiguïté (4). Et Allah sait mieux.
Section
Quant au récit rapporté par Mâlik d’après Yahyâ ibn Saʿîd, selon lequel ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb — qu’Allah l’agrée — demanda à un homme : « Comment t’appelles-tu ? » — et qu’il répondit : « Jamrah »… jusqu’à la fin du hadith (5),
la réponse est la suivante : louange à Allah, ce texte ne contient rien qui relève de la ṭiyarah (la superstition de mauvais augure). Il est inconcevable que le Commandeur des croyants — qu’Allah l’agrée — s’y adonne. Comment ʿUmar pourrait-il se livrer à un tel mauvais présage alors qu’il sait que la ṭiyarah est un acte de polythéisme faisant partie du jibt (sorcellerie), et qu’il est lui-même l’auteur de la parole citée plus haut à propos de la chamelle laitière ?"