Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

lequel, tout en désignant son porteur avec la même clarté, présente un surplus d’agrément et d’harmonie, sans qu’aucune gêne ne pèse sur celui qui le reçoit (1).

De même, la réprobation exprimée par ceux qui refusaient d’appeler leur esclave ʿAbd Allâh ou ʿAbd ar-Raḥmân n’avait d’autre but que d’éviter que ce nom n’impose son affranchissement (2). Il ne fait pourtant aucun doute que tous les fils d’Adam sont des serviteurs d’Allah, qu’ils soient libres ou esclaves, qu’on les décrive ainsi ou non. Mais ceux qui ont blâmé cet usage ont écarté ces noms de leurs captifs afin de ne pas induire l’auditeur en erreur (3) et lui faire croire qu’il s’agit d’hommes libres, car la plupart des gens réservent ces appellations à des personnes libres. Ils se sont donc tournés vers d’autres noms propres aux esclaves qui lèvent toute ambiguïté (4). Et Allah sait mieux.

Section

Quant au récit rapporté par Mâlik d’après Yahyâ ibn Saʿîd, selon lequel ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb — qu’Allah l’agrée — demanda à un homme : « Comment t’appelles-tu ? » — et qu’il répondit : « Jamrah »… jusqu’à la fin du hadith (5),

la réponse est la suivante : louange à Allah, ce texte ne contient rien qui relève de la ṭiyarah (la superstition de mauvais augure). Il est inconcevable que le Commandeur des croyants — qu’Allah l’agrée — s’y adonne. Comment ʿUmar pourrait-il se livrer à un tel mauvais présage alors qu’il sait que la ṭiyarah est un acte de polythéisme faisant partie du jibt (sorcellerie), et qu’il est lui-même l’auteur de la parole citée plus haut à propos de la chamelle laitière ?"

(1) Dans Tahdhib al-Athar, on lit : «maʿa baynūnat al-aḥsan» («avec la nette supériorité du meilleur»). Il est probable qu’il faille plutôt lire «tamyīz» (distinction) à la place de «takhayyur» (choix). (2) Tahdhib al-Athar précise : «Cela lui impose l’affranchissement du seul fait qu’il porte ce nom.» (3) Tahdhib al-Athar porte simplement : «pour cette raison». (4) Fin de la citation d’al-Tabari. (5) Voir supra, p. 681 et 1492.
الحسن منها مثلُه من الدَّلالة على المسمَّى به، مع تَخَيُّر الأحسن (١) بفضل الحُسْن والجمال، من غير مُؤنةٍ تلزمُ صاحبَه بسبب التسمِّي [به]. وكذلك كراهةُ من كره تسميةَ مملوكه: عبد الله وعبد الرحمن، إنما كانت كراهتُه ذلك حذرًا أن يُوجِبَ ذلك له العتق (٢)، ولا شكَّ أنَّ جميع بني آدم عبيدُ الله، أحرارُهم وعبيدُهم، وصَفَهم بذلك واصفٌ أو لم يصفهم، ولكنَّ الذين كرهوا التسميةَ بذلك صَرَفوا هذه الأسماءَ عن رقيقهم لئلَّا يقعَ اللَّبسُ على السامع بذلك (٣) من أسمائهم، فيظنُّ أنهم أحرار؛ إذ كان استعمالُ أكثر الناس التسميةَ بهذه الأسماء في الأحرار، فتجنَّبوا ذلك إلى ما يزيلُ اللَّبسَ عنهم من أسماء المماليك (٤)، والله أعلم. فصل وأمَّا الأثر الذي ذكره مالكٌ عن يحيى بن سعيد أنَّ عمر بن الخطاب ﵁ قال لرجل: ما اسمُك؟ قال: جمرة ... ، إلى آخر الحديث (٥). فالجوابُ عنه: أنه ليس ــ بحمد الله ــ فيه شيءٌ من الطِّيَرة، وحاشا أميرَ المؤمنين ﵁ من ذلك، وكيف يتطيَّر ﵁ وهو يعلمُ أنَّ الطِّيَرة شركٌ من الجِبْت، وهو القائلُ في حديث اللَّقْحة ما تقدَّم؟!
(١) «تهذيب الآثار»: «مع بينونة الأحسن». ولعلها: «تميز» بدل «تخير». (٢) «تهذيب الآثار»: «يوجب ذلك له العتق بانفراده بهذا الاسم». (٣) «تهذيب الآثار»: «لذلك». (٤) انتهى كلام الطبري. (٥) المتقدم (ص: ٦٨١، ١٤٩٢).

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