Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

t’y enorgueillir ; sors ! Tu es certes du nombre des humiliés » (al-Aʿrâf, 13), et Il dit ailleurs : « Sors-en ! Tu es un maudit ; sur toi reposera Ma malédiction jusqu’au Jour de la Rétribution » (al-Ḥijr, 34-35) ; et en un autre endroit : « Sors-en, honni, banni ! Quant à ceux qui te suivront, Je remplirai certes la Géhenne de vous tous » (al-Aʿrâf, 18).

Que le pronom « en » de « sors-en » renvoie au ciel ou bien au Jardin, l’expression est sans équivoque : elle proclame son expulsion, son bannissement, sa malédiction et son rejet. Le terme madḥûr signifie « écarté, repoussé » (1).

Partant de là, si le Jardin se trouvait au-dessus des cieux, il faudrait admettre qu’Iblis y serait remonté après qu’Allah l’eut fait descendre. Bien que concevable, pareille hypothèse est en totale contradiction avec la sagesse divine (2) et n’est étayée par aucun texte révélé (3) ; il n’y a donc pas lieu de la retenir.

Quant aux quatre arguments que vous avancez pour soutenir qu’il serait monté afin de souffler ses insinuations, ils ne reposent sur aucune preuve : ni dans la formulation même, ni dans un quelconque hadith faisant autorité. Ce ne sont que pures conjectures et suppositions gratuites, sans fondement vérifiable.

Troisièmement : le déroulement même du récit de l’expulsion qu’Allah a infligée à Iblis montre clairement qu’il s’agissait d’une descente vers la terre, et ce pour plusieurs raisons :

La première est que le Très-Haut met en lumière la sagesse de cette expulsion en mentionnant l’orgueil qui avait conduit

(1) Tel que l’indiquent les manuscrits de base. Voir Ibn al-Qayyim, Tariq al-Hijratayn, p. 393, ainsi que le commentaire afférent. (2) Les manuscrits N et H portent : « ʿan ḥukmihi » (au sujet de sa qualification juridique). (3) Le manuscrit T lit : « khabaru ghayrihi » (l’information rapportée par un tiers). (4) Lectio conforme aux manuscrits ; il serait néanmoins plus pertinent de lire « zahir » (explicite), puisque la discussion porte sur le contexte.
تَتَكَبَّرَ فِيهَا فَاخْرُجْ إِنَّكَ مِنَ الصَّاغِرِينَ﴾ [الأعراف: ١٣]، وقال في موضعٍ آخر: ﴿فَاخْرُجْ مِنْهَا فَإِنَّكَ رَجِيمٌ (٣٤) وَإِنَّ عَلَيْكَ اللَّعْنَةَ إِلَى يَوْمِ الدِّينِ﴾ [الحِجر: ٣٤ - ٣٥]، وفي موضعٍ آخر: ﴿اخْرُجْ مِنْهَا مَذْءُومًا مَدْحُورًا لَمَنْ تَبِعَكَ مِنْهُمْ لَأَمْلَأَنَّ جَهَنَّمَ مِنْكُمْ أَجْمَعِينَ﴾ [الأعراف: ١٨]. وسواءٌ كان الضميرُ في قوله: ﴿مِنْهَا﴾ راجعًا إلى السماء، أو إلى الجنة، فهذا صريحٌ في إهباطه وطرده ولعنته وإدحاره. والمَدْحُور: المَبْعُود (١). وعلى هذا، فلو كانت الجنةُ فوق السماوات لكان قد صَعِدَ إليها بعد إهباط الله له. وهذا وإن كان ممكنًا فهو في غاية البعد عن حكمة الله (٢)، ولا يقتضيه خبرُه (٣)؛ فلا ينبغي أن يصار إليه. وأما الوجوه الأربعةُ التي ذكرتموها مِن صعوده للوسوسة؛ فهي ــ مع أمر الله تعالى له بالهبوط مطلقًا وطرده ولعنته ودُحوره ــ لا دليل عليها، لا من اللفظ، ولا من الخبر الذي يجبُ المصيرُ إليه، وما هي إلا احتمالاتٌ مجرَّدة، وتقديراتٌ لا دليل عليها. الثالث: أنَّ سياقَ قصة إهباط الله تعالى لإبليس ظاهرةٌ (٤) في أنه إهباطٌ إلى الأرض، مِن وجوه: أحدُها: أنه سبحانه نبَّه على حكمة إهباطه بما قام به من التكبُّر المقتضي
(١) كذا في الأصول. وانظر: "طريق الهجرتين" (٣٩٣) والتعليق عليه. (٢) (ن، ح): "عن حكمه". (٣) (ت): "خبر غيره". (٤) كذا في الأصول. والوجه: "ظاهرٌ"؛ لأن الكلام عن السياق.

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