Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

« ʿAbd Allâh, ʿUbayd Allâh, ʿAbd al-Malik, ʿAbd al-Raḥmân ou toute autre appellation analogue », de peur que cela n’entraîne son affranchissement (1).

Certains savants (2) ont précisé que cette réprobation est comparable à celle par laquelle le Messager d’Allah ﷺ a blâmé le fait de prénommer les esclaves Rabâḥ, Nâfiʿ ou Aflah. Il redoutait en effet qu’on demandât : « Nâfiʿ est-il ici ? » – et qu’on réponde : « Non. » ; ou : « Aflah se trouve-t-il là ? » – et qu’on dise : « Non. » ; ou encore : « Baraka ? Yasâr ? Rabâḥ ? » – et que la réponse soit toujours : « Non. »

Il est pourtant manifeste que celui qui pose la question de savoir si un homme nommé Aflah, Nâfiʿ ou Rabâḥ est présent en tel endroit ne recherche qu’un individu déterminé (3) — un fils d’Adam — à qui l’on a attribué un nom servant de signe distinctif pour qu’il soit reconnu quand on le mentionne. Les noms, empruntés pour différencier des personnes semblables, ne sont, en définitive, que des indices renvoyant à ceux qui les portent (4) ; il ne s’agit nullement d’interroger sur un homme dont la qualité intrinsèque serait l’utilité, la réussite ou la bénédiction.

Cette attitude s’apparente encore au fait qu’il ﷺ désapprouva qu’on appelât une femme Barrah et transforma son nom en Juwayriyah ; qu’il changea aussi le nom d’une région appelée ʿAfirah en Khadrah ; et bien d’autres cas du même ordre.

Il est, par ailleurs, établi que ces changements ne signifiaient pas que les appellations antérieures fussent illicites ; il s’agissait plutôt, de sa part, d’une préférence et du choix du plus beau au détriment de ce qui l’était moins, car tout ce qu’un nom aux consonances disgracieuses peut signifier se trouve également, et de manière plus agréable, dans un nom harmonieux.

(1) Rapporté par al-Tabari, vol. 1, p. 285. (2) Il s’agit d’Abu Jaʿfar al-Tabari, Tahdhib al-Athar, vol. 1, pp. 286-287. (3) Lecture de Tahdhib al-Athar : « sa question portait sur… ». (4) Le manuscrit (T) lit al-mutasammîn (« ceux qui portent ce nom »), tandis que Tahdhib al-Athar donne al-musammâ (« celui qui est nommé »).
عبد الله، وعبيد الله، وعبد الملك، وعبد الرحمن، وأشباهَه؛ مخافةَ العتق (١). قال بعض أهل العلم (٢): كراهتُهم لذلك نظيرُ ما كرهه رسولُ الله ﷺ من تسمية المماليك برباح ونافع وأفلح؛ لأنَّ ذلك كان منه ﷺ حذرًا من أن يقال: أهاهنا نافع؟ فيقال: لا، أو: أثَمَّ أفلح؟ فيقال لا، أو بركة، أو يسار، أو رباح، فيقال: لا. ومعلومٌ أنَّ السائلَ عن إنسانٍ اسمُه: أفلح أو نافع أو رباح، هل هو في مكان كذا؟ إنما مسألتُه تلك عن مسمَّى (٣) شخصٍ من أشخاص بني آدم سُمِّي باسمٍ جُعِلَ عليه دليلًا يُعْرَفُ به إذا ذُكِر، إذ كانت الأسماءُ العَوَاريُّ المفرِّقةُ بين الأشخاص المتشابهة إنما هي أدلَّةٌ على المسمَّين (٤) بها، لا مسألةٌ عن شخصٍ صفتُه النفعُ والفلاحُ والبركة. وذلك مِن كراهته ﷺ نظيرُ كراهته تسميةَ تلك المرأة برَّة، فحَوَّل اسمَها: جويرية، وتحويله اسمَ أرضٍ كان اسمها: عَفِرة، فردَّها: خَضِرة، ونحو ذلك كثير. ومعلومٌ أنَّ تحويلَه ما حوَّل من هذه الأسماء عمَّا كان عليه لم يكن لأنَّ التسميةَ بما كان المسمَّى به منهم مسمًّى قبل تحويله ذلك كان حرامَ التسمية، ولكن كان ذلك منه على وجه الاستحباب واختيار الأحسن على الذي هو دونه في الحُسْن، إذ كان لا شيء في القبيح من الأسماء إلا وفي الجميل
(١) أخرجه الطبري (١/ ٢٨٥). (٢) هو أبو جعفر الطبري في «تهذيب الآثار» (١/ ٢٨٦، ٢٨٧). (٣) «تهذيب الآثار»: «مسألته تلك مسألة عن». (٤) (ت): «المتسمين». وفي «تهذيب الآثار»: «المسمَّى».

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