D’autres ont soutenu que le Prophète ﷺ ne se livrait pas à la superstition (tiyara) ; autrement dit, il n’attribuait jamais la survenue d’un bien ou d’un mal au passage des oiseaux, comme le font les devins.
Selon un autre avis, lorsque le Prophète ﷺ s’asseyait avec ses Compagnons, que l’un d’eux prononçait une parole favorable ou qu’il entendait de la part de quelqu’un une expression de bon augure (1), il les y encourageait et la leur signalait. Or il est inévitable qu’un oiseau passe : qu’il soit sâniḥ (venant de la droite), bâriḥ (de la gauche), qaʿîd (planant au-dessus) ou nâṭiḥ (fendant l’air droit devant). Pourtant, jamais il ne les arrêtait pour attirer leur attention sur ces passages ni ne leur en faisait un signe, car cela relève des pratiques des devins. C’est donc en ce sens qu’est rapporté de lui ﷺ qu’il aimait le bon présage mais rejetait la superstition.
Allah dispensa Son Messager ﷺ de devoir inférer les décrets divins à partir des indices que d’autres observent (2) ; Il l’en informait directement et lui envoyait Gabriel chaque fois qu’Il instituait quelque chose de nouveau, afin de distinguer clairement la prophétie de toute autre forme de connaissance.
On pourrait objecter : le sort qui a atteint ces deux hommes, as-Sâʾib et Ḥazn, était-il dû à leurs noms ou à une cause étrangère à ces noms ?
Nous répondons : celui qui n’examine pas la question avec soin (3) pourrait penser que ce qui leur est arrivé vient de leurs noms et y verrait la confirmation de l’efficacité de la superstition.
Si tel avait été le cas, tous ceux qui, depuis l’aube des temps, portent ces deux noms auraient dû subir le même sort ; le nom agirait alors comme le feu qui brûle ou l’eau qui rafraîchit, et ainsi de suite.