et il ne lui déclara pas non plus que cela fût un péché ; il se contenta de garder le silence.
De même, quand il voulut changer le nom d’as-Sâʾib et qu’ils refusèrent d’y consentir, il ne les réprimanda pas.
Par ailleurs, Muslim rapporte dans son Ṣaḥîḥ (1), d’après Abû az-Zubayr – lui-même le tenant de Jâbir –, que le Prophète ﷺ avait d’abord envisagé d’interdire qu’on appelle quelqu’un Yaʿlâ (2), Baraka, Aflah, Yasâr, Nafiʿ ou des noms de ce genre. Puis je l’ai vu se taire à ce sujet et ne plus rien dire ; il quitta ensuite ce monde sans avoir publié cette interdiction. ʿUmar ﵁ pensa à son tour prohiber ces noms, avant d’y renoncer.
J’ai trouvé, chez l’un des auteurs, une distinction entre le bon augure (faʾl) et la superstition (tiyara) que je reproduis ici textuellement (3) :
« Quant au hadith selon lequel le Prophète ﷺ se réjouissait du bon augure mais rejetait la superstition, bien que le mécanisme – tirer une conclusion – soit le même dans les deux cas, il existe néanmoins une différence. Le faʾl est une indication explicite, tandis que la tiyara procède par simple déduction ; or l’indication explicite est plus forte, plus répandue, plus évidente et plus éloquente. En effet, lorsque quelqu’un porte un souci dans son for intérieur (4) et qu’il entend une personne dire : “Voici le bien !”, “Pars en paix !”, “Réjouis-toi !” ou toute parole équivalente, ce qu’il vient d’entendre lui suffit, sans qu’il ait besoin d’autres signes. Celui, en revanche, qui voit un oiseau passer à sa droite (sânih) ou s’envoler sur sa gauche (bâriḥ) ne possède qu’une simple déduction : il associe la trajectoire de droite à la félicité et celle de gauche au mauvais présage. Or cela peut se réaliser ou non, tandis que le faʾl, le plus souvent, se confirme. »