Relève également de cette catégorie le récit consigné dans les deux Ṣaḥîḥ (1) d’après Abû Hurayra : le Messager d’Allah ﷺ a déclaré : « Le nom le plus vil auprès d’Allah, le Jour de la Résurrection, est celui de l’homme qui se fait appeler Mālik al-Amlāk (le Roi des rois). Il n’y a de Souverain qu’Allah. » Sufyân ibn ʿUyayna précisa : « Il en va de même de l’appellation persane shâhân shâh. »
Ibn Wahb (2) rapporte encore qu’on présenta un enfant au Messager d’Allah ﷺ. Il demanda : « Comment l’avez-vous nommé ? » — « As-Sâʾib », répondirent-ils. Le Prophète reprit : « Ne l’appelez pas as-Sâʾib ; nommez-le plutôt ʿAbd Allâh. » Ils persistèrent toutefois à l’appeler ainsi, et l’enfant ne mourut qu’après avoir perdu la raison.
On pourrait objecter : « Pourtant, le Messager d’Allah ﷺ avait un serviteur nommé Rabâḥ (3), Abû Ayyûb en avait un appelé Aflah (4), et ʿAbd Allâh ibn ʿUmar possédait lui aussi un serviteur prénommé Rabâḥ (5). »
La réponse est que cette interdiction du Prophète ﷺ n’était pas impérative et contraignante, mais relevait simplement du caractère réprouvé.
La preuve en est le hadith rapporté par al-Bukhârî dans son Ṣaḥîḥ (6) d’après Saʿîd ibn al-Musayyib, tenu de son père, lui-même le tenant de son grand-père Ḥazn : celui-ci se présenta au Prophète ﷺ, qui lui demanda : « Quel est ton nom ? » — « Ḥazn », répondit-il. Le Prophète dit alors : « Tu es Sahl (doux, aisé). » L’homme répliqua : « Je ne changerai pas le nom que m’a donné mon père. » Le Prophète ne le blâma pas pour autant.