Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

les uns les autres par l’odeur qu’ils ne supportent (1) qu’un bref instant lors de leur réunion (2) avant de se séparer (3), et il a interdit à celui qui a mangé de l’ail ou de l’oignon d’entrer dans la mosquée, car son odeur indispose hommes et anges (4). Il a également défendu à deux personnes de se mettre à chuchoter en excluant leur compagnon, de crainte que cela ne le peine ou ne le blesse (5), et il a prohibé que l’on prenne (6) le bien de son frère pour plaisanter, parce que cela lui porte atteinte (7).

Or il est manifeste que, pour nombre de gens, le tort qu’inflige un nom disgracieux est plus sévère encore, que ce soit lorsqu’ils nourrissent un souci, qu’ils sortent de chez eux, qu’ils voient en rêve celui qui le porte ou que celui-ci les interpelle, que ne l’est l’odeur de l’ail et de l’oignon.

Voilà qui témoigne de la perfection de sa sollicitude et de sa miséricorde ﷺ envers les croyants, et du prix qu’il attachait à tout ce qui pouvait leur être pénible.

C’est pourquoi — et Allah sait mieux — :
1 — Il a changé quantité de noms laids pour leur substituer de plus beaux.

(1) Les manuscrits D et Q lisent « yataḥashshamu-hā ». Un lecteur du manuscrit D a noté en petit caractères : « ḥashama, sur le modèle daraba ; aḥshama signifie “il l’a offensé et irrité”. Voir Mukhtār al-Ṣiḥāḥ, entrée ḥ-sh-m ». Le manuscrit T retient une leçon plus plausible, « yatajashshamu-hā », c’est-à-dire « il se donne la peine de la supporter ». (2) Le manuscrit T ajoute : « …qu’il s’impose au moment de la réunion ». (3) Lecture conforme aux manuscrits de base. (4) Rapporté par al-Boukhari, 854, et Muslim, 564, d’après Jâbir. (5) Rapporté par al-Boukhari, 6290, et Muslim, 2184, d’après Ibn Masʿûd. (6) Les manuscrits portent « yaʾkul » (« il mange »), lecture manifestement erronée et plutôt cocasse. (7) Hadith rapporté par Aḥmad (4/221), Abû Dâwûd (5003), al-Tirmidhî (2160) et d’autres, d’après Yazîd b. as-Sâʾib. Al-Tirmidhî le juge « ḥasan gharîb », et al-Bayhaqî l’a également authentifié (al-Khilâfiyyât). Voir encore : al-Badr al-Munîr, 6/698.
بعضُهم بعضًا برائحته التي إنما يتجشَّمها (١) ساعةً للاجتماع (٢) ثم يفترقا (٣)، ومنعَ آكلَ الثُّوم والبصل من دخول المسجد لأجل تأذِّي النَّاس والملائكة به (٤)، ومنع الاثنين أن يتناجيا دون صاحبهما خشية تأذِّيه وحزنه (٥)، ومنع أحدَهم أن يأخذ (٦) متاعَ أخيه لاعبًا لأنَّ ذلك يؤذيه (٧). ومعلومٌ أنَّ ضررَ الاسم القبيح على كثيرٍ منهم أشدُّ عليه عند همِّه وخروجه من منزله ورؤية صاحبه في منامه ودعائه له من رائحة الثُّوم والبصل. وهذا من كمال رأفته ورحمته ﷺ بالمؤمنين وعِزَّة ما عَنِتُوا عليه. ولهذا ــ والله أعلم ــ: ١ ــ غيَّر كثيرًا من الأسماء القبيحة بأحسن منها.
(١) (د، ق): «يتحشمها». وعلَّق أحد قراء (د) بخطٍّ دقيق فوقها: «حشمه من باب ضرب، وأحشمه بمعنى، أي: آذاه وأغضبه. مختار». «مختار الصحاح» (حشم). والمثبت من (ت) أشبه، يتجشمها، أي: يتكلَّفها. (٢) (ت): «التي يتجشمها ساعة الاجتماع». (٣) كذا في الأصول. (٤) أخرجه البخاري (٨٥٤)، ومسلم (٥٦٤) من حديث جابر. (٥) أخرجه البخاري (٦٢٩٠)، ومسلم (٢١٨٤) من حديث ابن مسعود. (٦) في الأصول: «يأكل». وهو تحريف طريف. (٧) أخرجه أحمد (٤/ ٢٢١)، وأبو داود (٥٠٠٣)، والترمذي (٢١٦٠)، وغيرهم من حديث يزيد بن السائب. قال الترمذي: «حسن غريب». وحسنه البيهقي في «الخلافيات». انظر: «البدر المنير» (٦/ ٦٩٨).

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