Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Cela peut même engendrer la haine ainsi qu’une forme de répulsion et de division : qu’un ami à l’onomastique disgracieuse l’appelle, et aussitôt il se surprend à souhaiter (1) ne l’avoir jamais fréquenté, ne l’avoir jamais vu ni même entendu son nom. Qu’au contraire une personne dotée d’un beau nom l’interpelle, et le voici qui s’en réjouit, se tourne vers elle avec empressement, heureux du cri qu’elle pousse pour l’appeler, tant son cœur se repose à la seule beauté de ce nom.

Il arrive (2) alors qu’un étranger se rapproche de son cœur, tandis que l’ami véritable s’en éloigne à cause de son appellation. Que dire si, en plus, il le voit en rêve (3) et qu’à partir de l’étymologie de son nom on lui en donne une interprétation funeste ? Il se réveillera souhaitant s’en être débarrassé jusque dans son sommeil, répugnant à le rencontrer, redoutant même sa simple vision !

Tout cela est à l’opposé de l’affection, de la miséricorde et de l’harmonie que le Législateur entend instaurer entre les croyants.

Aussi le Messager d’Allah ﷺ détestait-il pour sa communauté qu’elle se maintienne dans un état où les uns nuisent aux autres sans excuse valable ni bénéfice, que ce soit pour ici-bas ou pour l’au-delà ; car cela conduit à la rupture des liens et à l’aversion réciproque. Or il ﷺ les a vivement exhortés à réjouir, autant qu’il se peut, le cœur de leur frère musulman et à lui épargner tout préjudice ou déplaisir, en disant : « Ne rompez pas vos liens, ne vous tournez pas le dos. Soyez, serviteurs d’Allah, des frères ; le musulman est le frère du musulman. » (4)

Il leur a en outre ordonné, le vendredi, de se laver rituellement et de se parfumer lorsqu’ils se rassemblent (5), afin de ne pas nuire

(1) (T) : «… Il arrive qu’il se refuse, intérieurement, à l’accompagner. » (2) (Q) : «yad‘u» (il invoque) ; le terme est fautif. (3) Les manuscrits principaux lisent : «min nawmihi» (de son sommeil). (4) Muslim, Ṣaḥīḥ, nº 2564, version semblable, d’après Abu Hurayra. (5) Rapporté par al-Bukhari, nº 880, et Muslim, nº 846, d’après Abu Saʿid.
وقد يؤدِّي ذلك إلى البغضاء، وإلى ضربٍ من النُّفرة والتفرقة، كالصَّديق يدعوه الصَّديقُ القبيحُ الاسم فقد يتمنَّى خاطرُه أنه لم يصحبه (١) ولا رآه ولا سَمِعَ اسمَه، حتَّى إذا صاحَ به ودعاه ذو الاسم الحسَن ابتهجَ إليه وأقبلَ عليه وسُرَّ بصياحه ودعائه له؛ لراحة قلبه إلى حُسْن اسمه. فقد يدنو (٢) البعيدُ من قلبه ويبعُد الصديقُ من نفسه من أجل اسمه، فكيف به إذا رآه في نومه (٣)، وعُبِّر له تعبيرُ السُّوء من اشتقاق اسمه، كيف يعودُ متمنِّيًا لفقده في رُقاده، متكرِّهًا للقائه، متطيِّرًا لرؤيته؟! وهذا ضدُّ التوادُد والتراحُم والتآلف الذي قصَد الشارعُ ربطَه بين المؤمنين. فكره ﷺ لأمَّته مُقامها على حالةٍ يؤذي بها بعضهم بعضًا لغير عذرٍ ولا فائدةٍ تعودُ عليهم لا في الدنيا ولا في الآخرة، ويؤدِّي هذا إلى التقاطُع والتنافر، مع أنه ﷺ قد نَدَبهم واستحبَّ لهم إدخالَ أحدهم السُّرور على أخيه المسلم ما استطاع، ودفعَ الأذى والمكروه عنه، فقال: «لا تقاطعوا، ولا تدابروا، وكونوا عبادَ الله إخوانًا، المسلمُ أخو المسلم» (٤). وقد أمرهم يوم الجمعة بالغسل والطِّيب عند اجتماعهم (٥)؛ لئلَّا يؤذي
(١) (ت): «فقد ينهى خاطره أن لا يصحبه». (٢) (ق): «يدعو». تحريف. (٣) في الأصول: «من نومه». (٤) أخرجه مسلم (٢٥٦٤) بنحوه من حديث أبي هريرة. (٥) أخرجه البخاري (٨٨٠)، ومسلم (٨٤٦) من حديث أبي سعيد.

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