Cela peut même engendrer la haine ainsi qu’une forme de répulsion et de division : qu’un ami à l’onomastique disgracieuse l’appelle, et aussitôt il se surprend à souhaiter (1) ne l’avoir jamais fréquenté, ne l’avoir jamais vu ni même entendu son nom. Qu’au contraire une personne dotée d’un beau nom l’interpelle, et le voici qui s’en réjouit, se tourne vers elle avec empressement, heureux du cri qu’elle pousse pour l’appeler, tant son cœur se repose à la seule beauté de ce nom.
Il arrive (2) alors qu’un étranger se rapproche de son cœur, tandis que l’ami véritable s’en éloigne à cause de son appellation. Que dire si, en plus, il le voit en rêve (3) et qu’à partir de l’étymologie de son nom on lui en donne une interprétation funeste ? Il se réveillera souhaitant s’en être débarrassé jusque dans son sommeil, répugnant à le rencontrer, redoutant même sa simple vision !
Tout cela est à l’opposé de l’affection, de la miséricorde et de l’harmonie que le Législateur entend instaurer entre les croyants.
Aussi le Messager d’Allah ﷺ détestait-il pour sa communauté qu’elle se maintienne dans un état où les uns nuisent aux autres sans excuse valable ni bénéfice, que ce soit pour ici-bas ou pour l’au-delà ; car cela conduit à la rupture des liens et à l’aversion réciproque. Or il ﷺ les a vivement exhortés à réjouir, autant qu’il se peut, le cœur de leur frère musulman et à lui épargner tout préjudice ou déplaisir, en disant : « Ne rompez pas vos liens, ne vous tournez pas le dos. Soyez, serviteurs d’Allah, des frères ; le musulman est le frère du musulman. » (4)
Il leur a en outre ordonné, le vendredi, de se laver rituellement et de se parfumer lorsqu’ils se rassemblent (5), afin de ne pas nuire